Perte de 6400 emplois à temps plein en avril au Nouveau-Brunswick

Le Nouveau-Brunswick a perdu 6400 emplois à temps plein en avril. C’est du moins ce qu’estime Statistique Canada dans son plus récent rapport mensuel, publié vendredi.

Selon l’agence fédérale, le nombre total d’emplois a diminué de 3900 de mars à avril. La perte de 6400 emplois à temps plein (-2,1%) a été tempérée par l’ajout de 2500 emplois à temps partiel (+4,6%).

La population active – composée des gens qui ont un boulot ou qui s’en cherchent un – a chuté de 3700 personnes (-0,9%). Tout cela a fait contribué à faire augmenter le taux de chômage d’un point dixième de point de pourcentage, à 8%.

Si l’on prend un peu de recul pour comparer ce portrait à celui d’avril 2018, on constate que l’économie semble faire du surplace.

Le nombre net d’emplois a augmenté de 500 (-5900 à temps plein, +6400 à temps partiel). La population active a légèrement augmenté, de 700, tandis que la population totale a augmenté de 2900 personnes.

Le taux de chômage était de 7,9% en avril 2018, alors qu’il était de 8% le mois dernier.

À l’échelle nationale, le nombre d’emplois a augmenté de 107 000 en avril. Le taux de chômage a diminué d’un dixième de point de pourcentage pour s’établir à 5,7%. Depuis un an, l’emploi a augmenté de 426 000, soit une hausse de 2,3%.

Higgs pas inquiet outre mesure

Le premier ministre n’a pas semblé trop déstabilisé par ces données, qui laissent entendre que le marché de l’emploi du Nouveau-Brunswick connaît des ratées.

«On sait que ça monte et que ça descend chaque mois. Je ne suis pas trop concentré sur ce rapport. Je suis certain que ça va augmenter cet été, avec l’activité dans le secteur de la construction», a-t-il dit en mêlée de presse à l’Assemblée législative.

Blaine Higgs ne croit pas qu’il y ait de corrélation directe entre la diminution du nombre d’emplois à temps plein et l’annulation de plusieurs projets d’infrastructures par les progressistes-conservateurs, peu après avoir pris le pouvoir des mains des libéraux.

«Il pourrait y avoir un impact en raison des projets d’infrastructures que nous n’allons pas poursuivre. Mais il est trop tôt (pour que les impacts se fassent déjà sentir), parce que certains de ces projets étaient prévus cet été.»

Le critique de l’opposition pour les dossiers liées aux finances, Roger Melanson, est plus alarmiste. Il accuse le gouvernement Higgs de ne pas avoir de plan afin de faire croître l’économie.

«On a un gouvernement qui met beaucoup d’attention sur le budget provincial, mais qui ne met pas d’attention au niveau d’un plan de croissance économique», a-t-il dit en mêlée de presse à l’Assemblée.

«Je souhaite sincèrement que ce ne soit pas une tendance qui se développe, de perdre des emplois à temps plein», a-t-il ajouté. – Avec la collaboration du journaliste Mathieu Roy-Comeau