Tarifs américains: la fin du conflit sourit aux entreprises du N.-B.

La fin des tarifs américains sur l’aluminium et l’acier et l’élimination des contre-mesures canadiennes laisse présager de meilleurs jours pour les entreprises du Nouveau-Brunswick.

Les États-Unis et le Canada ont finalement mis fin à leur dispute commerciale qui a avait été provoquée il y a presque un an par la décision du président Donald Trump d’imposer des tarifs sur les importations canadiennes d’acier et d’aluminium.

Depuis lundi, Washington a cessé d’imposer un tarif de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium en provenance du Canada.

Ottawa a annulé du même coup sa surtaxe allant de 10% à 25% sur plus de 200 produits d’origine américaine.

La résolution du conflit fait notamment l’affaire de MQM Quality Manufacturing de Tracadie. L’entreprise spécialisée dans les structures d’acier devait payer beaucoup plus cher pour son matériel en raison des tarifs du président Trump.

«Dans le temps, nous avons eu des pertes automatiques dans les projets en cours. Le lendemain de cette annonce, il y a eu une hausse du prix de l’acier. Après, ça s’est stabilisé, mais c’est l’entreprise qui a été obligée d’absorber la hausse», explique le président de MQM, Serge Thériault.

À l’époque, MQM avait pu limiter l’effet des tarifs sur ses activités en achetant de l’acier à l’avance pour certains projets. L’entreprise a notamment pu éviter d’avoir à mettre à pied des employés. M. Thériault estime toutefois que ce conflit commercial lui a coûté environ 50 000 $.

Malheureusement pour lui, la fin des tarifs ne s’était pas encore matérialisée en une baisse du prix de l’acier lors de son entretien avec le journal en milieu de semaine.

«Quand il y a une hausse de prix, c’est tout de suite, mais quand il y a un ajustement de l’autre côté ça prend beaucoup plus de temps», résume-t-il.

«Nous n’avons pas encore ressenti l’impact. Ce n’est pas immédiat, mais j’ai hâte de voir ce qui va arriver avec les prix dans quelques semaines. L’industrie en général devrait en bénéficier.»

Si les tarifs américains ont fait mal à certaines entreprises du Nouveau-Brunswick, les contre-mesures canadiennes ont également eu des effets négatifs dans la province.

En guise de représailles, Ottawa a notamment imposé une surtaxe de 10% sur certains bateaux importés des États-Unis. Cette mesure s’est fait directement ressentir chez certains concessionnaires de véhicules récréatifs comme Rallye Motoplex de Dieppe.

Selon le directeur des ventes, Mark Sacobie, le prix de certains bateaux a grimpé de 15 000 $ du jour au lendemain. Ses clients se sont alors rabattus sur des modèles plus anciens qui n’étaient pas assujettis à la surtaxe.

«J’avais trois modèles 2018 de bateaux hydropropulsés et ils tous ont été achetés, mais je n’ai vendu aucun modèle 2019. C’est une grosse différence de prix. C’est difficile à vendre pour les concessionnaires.»

M. Sacobie déplore lui aussi la lenteur de la baisse des prix alors que la hausse n’avait pas tardé à se faire sentir.

«Le manufacturier a essayé de nous aider un peu avec des rabais et les taux d’intérêt, mais je ne pense pas que le gouvernement va nous aider.»

En attendant la baisse des prix, les concessionnaires possèdent peu de marge de manoeuvre et n’ont d’autres choix que de refiler cette hausse à leurs clients.

«Je suis prêt à aider un peu, mais j’ai encore une entreprise à faire vivre», constate-t-il.

Le gouvernement canadien avait également imposé une surtaxe de 10% sur le whisky américain. Rien ne sert cependant de courir chez Alcool NB malgré la fin de contre-mesures.

«En fait,  Alcool NB n’a augmenté aucun prix en raison des surtaxes et des contre-mesures. Nous avons travaillé  avec les fournisseurs pour assurer les meilleurs prix, lors nous ne prévoyons pas de changement de prix», indique la vice-présidente aux communications de la Société de la Couronne, Nicole Picot.

Alcool NB a enregistré une augmentation de 13% de ses ventes de whisky américain dans la dernière année.