Faciliter l’accès au capital aux femmes qui désirent se lancer en affaires

Le gouvernement fédéral estime qu’il y a trop peu de Canadiennes qui osent se lancer en affaire. Et l’une des raisons de cette situation serait un accès plus difficile au financement.

Selon certaines statistiques, moins de 16 % des PME au Canada appartiendraient majoritairement à des femmes.

Afin de changer la donne, celui-ci vient de mandater la CBDC-Restigouche à mettre sur pied un programme pancanadien destiné à sensibiliser les agences des prêts (dont les banques) à cette réalité. En étant plus au fait de la situation, on espère que celles-ci pourront mieux répondre aux besoins des futures entrepreneures.

Dans les faits, le gouvernement espère doubler le nombre d’entreprises appartenant majoritairement à des femmes d’ici 2025. La stratégie annoncée jeudi en partenariat avec la CBDC-Restigouche est l’une des nombreuses mesures mises de l’avant pour atteindre cet objectif.

L’annonce de ce projet a été effectuée par le député de Madawaska-Restigouche, René Arseneault. Dans son discours, il a reconnu que la situation des femmes désireuses de se lancer en affaires représentait un défi particulier.

«Les femmes entrepreneures doivent surmonter plus d’obstacles que les hommes pour avoir accès au capital, aux chaînes d’approvisionnement et aux programmes d’exportation. Une étude démontre que les hommes parviennent à obtenir du financement (pour leurs projets) dans 68 % des cas contre seulement 32 % chez les femmes pour une demande similaire. C’est évidemment un grand défi à relever», a souligné le politicien, notant que le monde des affaires est encore trop souvent perçu comme étant un monde «d’homme».

Le projet en soi est d’une durée de quatre ans. Il débarque à la CBDC-Restigouche avec une enveloppe de 2,2 millions $. Il vise à faciliter l’accès aux entrepreneures à des sources de financement, à des réseaux et à des conseils.

Au dire du directeur de l’agence, Michel Guitard, les femmes sont effectivement plus susceptibles d’être refusées pour du financement. Ce projet s’attaquera du coup aux barrières auxquelles elles sont confrontées lorsqu’elles soumettent une demande de financement.

«On va créer des outils qui vont aider les institutions financières dans leurs évaluations de demandes de prêts effectuées par les femmes entrepreneures. Ces outils digitaux seront développés ici avec l’aide d’un comité-conseil, question de voir où sont les manques et les besoins», explique-t-il.

Selon ce dernier, plusieurs raisons expliqueraient pourquoi les femmes semblent obtenir moins de financement pour leur entreprise. L’une d’entre elles résiderait toutefois dans le fait qu’elles sont souvent moins disposées à mettre des garanties sur la table.

«Elles ont tendance à être plus prudentes, mais nos outils viseront à aider les institutions financières à être plus attentives à la réalité des femmes en affaires», ajoute-t-il.

Présente à l’annonce, la femme d’affaires Rachel Arseneau-Ferguson dit ne pas avoir vécu de difficulté particulière lorsqu’est venu le temps d’obtenir du financement pour fonder sa propre entreprise, le Centre Transmed, il y a de cela maintenant 23 ans. Qu’à cela ne tienne, pour avoir côtoyé le milieu des affaires, elle demeure bien au fait de cette réalité pour ses consœurs.

«À mes yeux, se lancer en affaire ce n’est pas évident du départ, et ce peu importe le sexe. Cela dit, c’est vrai que pour une femme, ça demeure peut-être plus difficile, et les statistiques sont d’ailleurs là pour le prouver. En ce sens, une annonce comme celle d’aujourd’hui est extraordinaire. C’est bon d’avoir des outils en place pour les accompagner dans cette démarche», dit-elle.