Développement économique à Tracadie: entre déceptions et espoirs

Il y a à peine quatre ans, tous les espoirs étaient encore permis dans le Méga Parc commercial de Tracadie. Les prévisions étaient peut-être trop ambitieuses. Aujourd’hui, le développement dans cette zone commerciale s’est essoufflé, dit Denis Losier, maire de la Municipalité régionale de Tracadie.

Cela ne signifie pas pour autant que cette zone d’affaires n’intéresse plus les investisseurs. Il y a quelques jours, le conseil municipal a modifié les modalités d’une entente signée avec une entreprise propriétaire d’un terrain dans le Parc commercial, situé en bordure de la route 11.

Il n’a pas été possible d’en savoir davantage, car la discussion a eu lieu à huis clos.

À l’heure actuelle, le Méga Parc commercial abrite seulement une poignée d’entreprises, soit Kent Building Supplies, Alcool NB et Cabano Marine.

Le rêve de la municipalité d’attirer de grandes chaînes ne s’est jamais vraiment concrétisé.

«Beaucoup de choses ont été dites et promises, comme quoi il allait avoir un Wal-Mart ou un Costco à Tracadie. Avant de s’installer quelque part, ces entreprises font des études de marché. Ils visent souvent un certain nombre de voitures qui y circulent à tel moment de la journée. Pour eux, c’est une question d’achalandage», dit Denis Losier.

Irving Oil a également acquis des terrains dans le but de construire une station-service. L’entente signée en 2016 précisait que la construction devait être entamée dans les deux ans qui suivent la concrétisation de l’accord. L’Acadie Nouvelle a tenté de joindre Irving Oil à plusieurs reprises au cours des derniers mois pour en savoir plus sur ses intentions, mais l’entreprise n’a jamais répondu à nos demandes de renseignements.

Ce secteur de la municipalité a aussi profité d’un coup de main important des gouvernements provincial et fédéral. En 2012, l’ancien gouvernement de David Alward a investi 500 000$ pour modifier la bretelle 198 de la route 11 afin de faciliter l’accès à cette zone. Trois années plus tard, les deux paliers du gouvernement ont injecté 1,3 million$ pour y construire des égouts pluviaux, des égouts sanitaires et une station de relèvement.

Centre-ville

Contrairement à son prédécesseur Aldéoda Losier, Denis Losier n’était pas prêt à miser gros sur le Méga Parc commercial. Le jour de son élection en 2016, Denis Losier a affirmé que sa priorité serait de mettre l’accent sur renouvellement du centre-ville de Tracadie.

Au départ, tout semblait indiquer que le maire et le conseil parviendraient à atteindre leurs objectifs. François Benoît, un homme d’affaires de la municipalité, a fait l’acquisition d’un nombre de terrains et d’édifices au centre-ville. En septembre 2017, les premiers dessins architecturaux ont même été dévoilés. Des édifices ont été démolis afin de faire place à des nouvelles constructions.

Des problèmes de santé ont éventuellement freiné les ambitions de M. Benoît.

L’entrepreneur a tout mis à vendre. Des terrains vacants marquent aujourd’hui le paysage d’une partie du centre-ville. D’autres projets de construction sur la rue Rivière-à-la-Truite ont été arrêtés.

«On aurait souhaité que les projets de développement fonctionnent, mais comme l’entrepreneur est de la région, je pense qu’il veut créer de l’intérêt pour quelqu’un prenne la relève. Je doute fort bien que ce monsieur va tout laisser ça tel quel. Il paie quand même des taxes. Pour des raisons personnelles, le projet a été mis de côté, mais je suis optimiste que quelque chose va avancer de ce côté.»

Optimisme

Tracadie est loin d’être la seule communauté de la Péninsule acadienne, du Nouveau-Brunswick ou même du Canada qui connaît des défis économiques. L’évolution des goûts des consommateurs, les changements démographiques et le magasinage sur internet ont complètement changé la donne.

Malgré les défis, Denis Losier demeure optimiste. Pour le maire, la première étape vers une revitalisation de la ville est de créer de l’achalandage.

«Il y a maintenant trois secteurs d’activités commerciales à Tracadie. Avant, il y avait la rue Principale. Aujourd’hui, il y a aussi la rue Rivière-à-la-Truite et le Parc commercial. Ça divise le nombre de gens qui circulent dans la municipalité. Ç’a un impact.»

De nouveaux projets donnent espoir. Par exemple, l’ouverture prochaine de l’amphithéâtre Armand-Lavoie, une salle de spectacles de 500 places, devrait permettre à des promoteurs d’organiser des événements en automne et en hiver.

«Ça va changer la donne un peu. La salle sera moins utilisée en été, mais elle sera grandement utile en hiver. Ça va probablement créer un certain engouement.»

Le conseil municipal travaille également sur un nouvel arrêté qui permettrait aux VTT de circuler dans le centre-ville.

«Il faut diversifier nos intérêts pour s’assurer que nos entreprises puissent bien fonctionner douze mois par année. Il faut pouvoir exploiter notre potentiel.»

Des nouveaux édifices à logement sont aussi en train d’être construits en ville, dont deux sur le chemin Albert et un deuxième immeuble d’appartements de luxe à la Place de la cité.

«Beaucoup de gens reviennent vivre à Tracadie, surtout des baby-boomers qui ont vécu à l’extérieur. Si les gens viennent s’installer ici, il y aura du nouveau monde et il va falloir créer de nouveaux services.»