Général iranien assassiné: le prix de l’essence pourrait grimper

Une hausse des cours du pétrole brut dans la foulée de la frappe aérienne américaine en Irak qui a tué un grand général iranien faisait grimper les prix des actions des sociétés énergétiques canadiennes, vendredi, et menaçait d’exercer une pression à la hausse sur les prix du carburant pour les consommateurs canadiens.

Selon des analystes, l’attaque et les menaces de représailles iraniennes rappellent qu’il existe un risque géopolitique pour le pétrole du Moyen-Orient.

Ils disent ne pas s’attendre à une augmentation immédiate des prix de l’essence à la pompe, mais cela pourrait se produire si les tensions persistent sur une période prolongée.

Entre-temps, les actions de sociétés canadiennes de pétrole et de gaz naturel grimpaient à la Bourse de Toronto – notamment celles des producteurs de sables bitumineux MEG Energy et Canadian Natural Resources.

Une attaque de drones contre des installations pétrolières saoudiennes en septembre avait eu un effet similaire à court terme sur le secteur canadien de l’énergie et sur les prix du pétrole. Une reprise s’est cependant manifestée plus rapidement que prévu et les répercussions sur les consommateurs ont été minimes.

Randy Ollenberger, directeur général de la recherche sur les actions pétrolières et gazières de BMO Marchés des capitaux, a signalé certaines craintes de voir une escalade du conflit, ce qui pourrait affecter la production saoudienne ou entraîner des problèmes avec les expéditions de pétrole à travers la région.

«Nous avons vu (le prix du baril de pétrole Brent) à 80 $ US la dernière fois, avec une panne relativement brève», a-t-il souligné.

«Si l’Iran faisait une action plus concertée pour perturber la production mondiale, il faudrait envisager des prix plus élevés que cela, auquel cas nous observerions certainement un mouvement encore plus important dans les actions canadiennes.»

Vendredi matin, à Londres, le prix du pétrole Brent a bondi de 3,7%, ou 2,45 $US, pour atteindre 68,70 $US le baril.

Au Nouveau-Brunswick, le prix de l’essence ordinaire libre service est à 123 cents le litre depuis jeudi.

Dans de précédents bras de fer avec les États-Unis, l’Iran a menacé de perturber le trafic de pétrole qui passe au sud de ses côtes, dans le détroit d’Ormuz. Environ 20% de tout le pétrole transigé dans le monde circule dans ce secteur.