Port de Belledune: les navires continuent d’accoster malgré la COVID-19

Des navires en provenance d’un peu partout à travers le monde accostent chaque semaine au Port de Belledune. En cette période de pandémie, le risque d’importer des cas de COVID-19 par cette voie maritime cruciale pour l’économie de la province demeure toutefois très mince.

C’est ce qu’estime notamment le PDG du Port de Belledune Denis Caron.

Car en dépit de la pandémie qui sévit depuis maintenant quelques semaines, les navires marchands n’ont cessé d’accoster au Port de Belledune. Mais selon son administrateur, la population n’a pas à craindre de contamination liée à ces équipages: les contacts entre le personnel du port et celui des navires étant très limités.

«Ils l’étaient auparavant, mais là ils le sont encore davantage», explique-t-il, notant suivre à la lettre les recommandations émises par l’Association des ports du Canada et Transport Canada.

Règle générale, les personnes qui sont sur le bateau restent sur celui-ci.

«Et s’ils ont à débarquer, ce n’est pas pour aller se promener dans la communauté. Surtout pas en ce moment. Ils font leur travail et demeure sur notre site. On s’assure que le navire ne manque de rien. On prend les commandes pour la nourriture ou autres nécessités et nous effectuons la livraison par l’entremise d’intermédiaires», exprime-t-il, ajoutant que des mesures de précautions ont été mises en place.

Pour ce qui est du commerce et de l’achalandage, tout se poursuit comme à l’habitude au plus grand port de mer du nord de la province.

Certes, la pandémie de la COVID-19 affecte quelque peu le fonctionnement du port. Télétravail pour certains membres de l’administration, consignes de distanciations pour les ouvriers, mesures d’hygiène accrues… Mais rien ne freine pour autant les opérations courantes du port.

«La pandémie ne nous a pas affectés de façon négative outre mesure jusqu’à présent, mais ça ne veut pas dire que ça ne va pas se produire. Il faut demeurer vigilant», exprime le PDG.

En terme de rendement, le port ne souffre en effet visiblement pas de la pandémie. Selon M. Caron, le nombre de vaisseaux qui s’amarrent au port afin d’y être chargés ou déchargés est actuellement égal aux prévisions.

«Nous sommes exactement où nous pensions être en début d’année. En fait, nous avons même eu davantage de volumes au cours des deux premiers mois de 2020 que nous anticipions et c’est une tendance qui semble vouloir se maintenir», indique-t-il.

Qu’à cela ne tienne, M. Caron demeure réaliste. La pandémie actuelle apporte son lot d’incertitudes. L’économie tourne au ralenti, et qui sait combien de temps cela pourrait durer.

«C’est difficile de prévoir quel sera le portrait au port d’ici six, douze ou dix-huit mois, mais il risque certainement d’y avoir quelques impacts indésirables. On fait partie de la chaîne d’approvisionnement, et évidemment – s’il n’y a pas de transformation au niveau du secteur manufacturier – cela pourrait avoir une incidence sur le trafic et la quantité de produits qui transige au port. Pour l’instant par contre, ça se passe bien compte tenu des circonstances, on n’a pas eu d’avertissements de ralentissement», estime-t-il.

Chose certaine, avec la récente fermeture de la Fonderie Glencore, cette pandémie demeure une mauvaise nouvelle supplémentaire pour l’économie du Nord soutient M. Caron, notant qu’elle vient de causer la fermeture de la mine Trevali.

«La fermeture de la fonderie, de la mine, la crise du chemin de fer et maintenant la pandémie… Ce sont beaucoup d’événements significatifs qui déstabilisent l’économie. On va souhaiter que cette pandémie soit de très courte durée», dit-il.