Belledune: Maritime Iron franchit une autre étape

Le projet Maritime Iron a franchi une nouvelle étape en vue de la construction d’une usine de transformation de fer sur les rives de la baie des Chaleurs.

Le comité de révision technique formé dans le cadre de l’étude d’impact sur l’environnement du projet a récemment terminé son examen initial des documents soumis à la province par Maritime Iron en janvier.

Le comité a transmis en retour au groupe torontois un document de 43 pages contenant des demandes de renseignements supplémentaires pour mener à bien l’étude d’impact sur l’environnement.

«C’est vraiment juste le début de l’étude», indique le ministre de l’Environnement et des Gouvernements locaux, Jeff Carr.

«Il y a beaucoup plus de questions et beaucoup plus d’études beaucoup plus longues qui devront être réalisées si le projet est viable et continue à progresser. C’est une étape très, très préliminaire», dit-il.

M. Carr s’est engagé à rendre bientôt publiques les questions du comité de révision technique à l’intention des promoteurs de Maritime Iron.

Selon les règlements du ministère, le comité de révision technique peut être formé de différents experts des gouvernements provincial et fédéral et de représentants locaux.

Maritime Iron souhaite construire une usine de transformation de fer près du port de Belledune. Le projet, qui pourrait générer des millions de dollars en retombées économiques pour la région, prévoit aussi émettre des millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère.

Selon Jeff Carr, il est beaucoup trop tôt pour dire si les questions du comité de révision représentent un signal positif ou négatif pour l’avenir du projet.

«Nous sommes en train de faire nos vérifications au préalable en matière d’environnement.»

L’installation de Maritime Iron générera aussi un sous-produit gazeux dont les promoteurs espèrent se départir en convainquant Énergie NB de s’en servir comme combustible pour remplacer une partie du charbon utilisé à sa centrale thermique de Belledune.

Cette transaction sera toutefois seulement possible si Ottawa permet à la société de la Couronne de continuer à opérer sa centrale au charbon au-delà de l’échéancier fédéral de 2030.

Énergie NB et la province négocient d’ailleurs depuis plusieurs mois avec Ottawa pour conclure une entente d’équivalence indépendante du projet de Maritime Iron afin de prolonger la durée de vie de la centrale.

La société de la Couronne propose de réduire volontairement sa production d’électricité à Belledune – et son recours au charbon – dès maintenant afin de se réserver la possibilité d’y avoir recours après 2030.

Énergie NB accepterait ainsi d’utiliser moins de charbon d’ici à 2030 même si rien ne l’y oblige afin de pouvoir recourir à ce charbon inutilisé après l’échéancier fixé par le fédéral.

Selon le ministre Carr, Maritime Iron ne peut pas espérer sérieusement aller de l’avant sans cette entente d’équivalence entre Fredericton et Ottawa au sujet de la centrale de Belledune.

«Ça prend des mois pour négocier ce genre de choses», dit-il.

La question des émissions de GES de Maritime Iron demeure aussi entière.

Les promoteurs du projet affirment que leur technologie et l’emplacement stratégique de l’usine permettront de réduire les émissions globales de GES dans le secteur du fer.

Le projet empêcherait toutefois le Nouveau-Brunswick d’atteindre ses propres objectifs de réductions de GES.

«Je pense que c’est risqué d’ajouter de nouvelles émissions. Nous serions alors loin d’atteindre nos objectifs», constate Jeff Carr.

«Si nous ajoutons Maritime Iron, nous devrons réduire nos émissions ailleurs et en ce moment ça serait très difficile.»

Maritime Iron n’a pas répondu à notre demande d’entrevue avant la fin de la journée, mercredi.