COVID-19: 5 conseils pratico-pratiques pour les bénéficiaires de la PCU

Justin Trudeau a annoncé plus tôt cette semaine que la Prestation canadienne d’urgence sera prolongée jusqu’à la fin août. L’Acadie Nouvelle en a parlé à la comptable agréée Wanita McGraw, associée au cabinet Benoit, McGraw et Paulin de Tracadie. Voici ses cinq conseils pratico-pratiques pour les bénéficiaires de la PCU.

1 – Mettez-en une partie de côté (si possible) 

Depuis mars dernier, la PCU aide des milliers de Néo-Brunswickois ayant perdu leur gagne-pain à cause de la COVID-19 reçoivent 500$ par semaine du gouvernement fédéral.

Wanita McGraw rappelle aux bénéficiaires qu’il ne faut surtout pas oublier une chose importante: cet argent est imposable.

Pour éviter une bien mauvaise surprise en remplissant leur déclaration d’impôts pour l’année 2020 l’année prochaine, elle recommande donc – lorsque cela est possible – d’en mettre une partie de côté.

«Le minimum d’impôt qu’il va y avoir là-dessus, c’est 25%. S’ils ont d’autres sources de revenus dans l’année, c’est clair que le pourcentage va augmenter. Mais le minimum, c’est qu’il faut mettre 25% de côté.»

2 – Faîtes attention aux paiements en trop

La prestation canadienne d’urgence a été mise en oeuvre très rapidement pour venir en aide à la population le plus vite possible. Dans la cohue, des prestataires ont reçu trop d’argent.

Certains ont reçu des versements en double, d’autres ont reçu la PCU et l’assurance-emploi. (alors qu’ils ne devaient recevoir que la PCU). D’autres ont obtenu la PCU alors qu’ils n’étaient pas admissibles.

Si c’est votre cas et que vous avez reçu de l’argent auquel vous n’avez pas droit, sachez que vous devez rembourser le gouvernement.

«Certaines personnes peuvent se dire “j’ai reçu deux fois le montant, il faut croire que j’avais droit à ça”. Pas du tout: la PCU permet seulement d’obtenir 500$ par semaine.»

Il est possible d’effectuer un remboursement en se rendant sur le site de l’Agence du revenu du Canada.

«C’est assez simple, mais c’est important de le faire», affirme Wanita McGraw.

3 – Après 1000$ de revenus, plus de PCU 

Avec le déconfinement progressif au Nouveau-Brunswick et la réouverture de plusieurs entreprises, certains bénéficiaires de la PCU sont de retour au boulot, à temps partiel ou à temps plein.

Peuvent-ils continuer à recevoir la PCU alors qu’ils gagnent de l’argent en travaillant? Oui, mais à une condition: leurs revenus (hors-PCU) ne doivent pas être de plus de 1000$ par mois. Ils deviennent inadmissibles dès qu’ils franchissent ce seuil.

«C’est merveilleux si l’on a un emploi et qu’on n’a plus besoin de la PCU. Mais il faut faire attention; pour chaque période de la PCU (de quatre semaines), il ne faut pas dépasser le 1000$, sinon il faut rembourser le plein montant de la PCU (pour le mois lors duquel le seuil a été franchi)», explique Mme McGraw.

4 – Reportez vos paiements lorsque cela est possible  

Avec la pandémie et le ralentissement de l’économie, bon nombre de Néo-Brunswickois – prestataires de la PCU ou non – ont vu leurs revenus chuter dramatiquement.

Pour se donner un peu plus de chances de joindre les deux bouts, Wanita McGraw recommande d’évaluer la possibilité de se prévaloir des reports de paiements offerts par certaines entités.

Cette approche peut en valoir la peine surtout si les prestataires s’attendent à recommencer à travailler et à gagner plus d’argent prochainement.

«Les paiements hypothécaires, les paiements de prêts, tout paiement qu’on peut avoir à une institution financière; il faut les repousser si on est dans une situation précaire comme ça. Il faut les contacter, il faut les appeler. Il y a même des compagnies de cartes de crédit qui ont baissé leurs taux à cause de la COVID pour essayer d’alléger le fardeau financier des gens.»

5 – Rembourser les prêts aux taux les plus élevés 

Avec l’hypothèque, l’électricité, l’épicerie, les médicaments, les paiements de prêts et les dépenses de toutes sortes, l’argent vient vite à manquer. Même avec l’aide d’urgence de 500$ par semaine, certains bénéficiaires de la PCU ne parviennent pas à tout payer.

Que doivent-ils prioriser, après leurs besoins essentiels? La carte de crédit? Le prêt automobile? L’une des factures qui traînent sur le comptoir?

Toutes les situations ne sont pas pareilles, mais Wanita McGraw affirme qu’un facteur doit être pris en compte dans la décision; les taux d’intérêts. Parce que plus un taux d’intérêt est élevé, plus il fait gonfler la dette rapidement.

«Si on a de l’argent de disponible et qu’on se demande quoi payer avec ce qui reste, je dirais que souvent, il faut aller là où sont les taux les plus élevés. Si le plus gros taux est la carte de crédit, c’est ce que tu payes en premier.»