Ottawa donne son feu vert à la prise de contrôle de Transat par Air Canada

Les ravages provoqués dans l’industrie aérienne par la pandémie de COVID-19 incitent Ottawa à donner son feu vert à la prise de contrôle de Transat A.T. par Air Canada, une décision qui s’accompagne d’une série de conditions.

En annonçant sa décision, jeudi après la clôture des marchés financiers, le gouvernement Trudeau a souligné que la crise sanitaire avait été un «facteur clé» dans son évaluation de la transaction, puisqu’elle «jette un doute» sur la capacité du voyagiste québécois, qui fait face à d’importantes difficultés financières.

«L’acquisition proposée (…) apportera une plus grande stabilité dans le marché canadien du transport aérien», a souligné le ministre des Transports, Omar Alghabra, dans une déclaration.

Il ne manque qu’une autorisation, soit celle de la Commission européenne, qui craignait, dans son analyse préliminaire, que la concurrence ne s’amenuise sur plusieurs dizaines de liaisons entre le Canada et l’Europe.

La date butoir entourant la vente de Transat A.T. à Air Canada a été fixée au 15 février, mais cet échéancier peut être repoussé si les deux entreprises s’entendent.

Selon les sept mesures dévoilées par le gouvernement fédéral, l’obligation pour Air Canada de maintenir le siège social de Transat A.T. au Québec ainsi que la marque du voyagiste ne serait que de cinq ans.

Le plus important transporteur au pays devra également s’assurer que le voyagiste offre son service dans les deux langues officielles. Il devra aussi respecter des mesures pour «encourager d’autres transporteurs» à reprendre les liaisons transatlantiques dont le service était assuré par Transat A.T ainsi que maintenir au moins 1500 emplois, notamment.

Air Canada devra également partager avec Ottawa des informations sur les tarifs afin de surveiller les prix si la transaction va de l’avant.

En décembre dernier, les actionnaires de Transat A.T. avaient voté en faveur de la proposition révisée à 5 $ l’action d’Air Canada. La proposition précédente était de 18 $ par action dans le cadre d’une offre évaluée à 720 millions $, mais celle-ci avait été révisée à la baisse dans la foulée de la crise provoquée par la pandémie.