Boeing recommande d’immobiliser certains 777

Boeing recommande aux compagnies aériennes de clouer au sol ses 777 avec le type de moteur impliqué dans un incident à Denver ce weekend, et la plupart des transporteurs concernés ont temporairement immobilisé l’appareil.

Les compagnies aériennes canadiennes sont épargnées, ce type de moteur ne se retrouvant pas dans leur flotte.

L’agence fédérale de régulation de l’aviation aux États-Unis (FAA) avait ordonné à United Airlines d’intensifier les inspections de ces avions après que l’un d’eux eut effectué un atterrissage d’urgence à l’aéroport international de Denver samedi. Des pièces entourant le moteur, un Pratt & Whitney PW4000, se sont détachées et sont tombées du ciel, au-dessus de quartiers résidentiels en banlieue. Les 231 passagers et dix membres d’équipage s’en sont sortis sans la moindre blessure et le vol a atterri en toute sécurité, selon les autorités.

L’administrateur de la FAA, Steve Dickson, a déclaré dimanche que sur la base d’un premier examen des données de sécurité, il a été conclu que l’intervalle entre les inspections devrait être resserré pour les pales de ventilateur uniques à ce modèle de moteur, utilisé seulement pour les Boeing 777.

M. Dickson a affirmé que certains appareils seraient probablement exclus de l’espace aérien entre-temps, et Boeing a reconnu que cela devrait être le cas jusqu’à ce que la FAA détermine comment procéder aux inspections nécessaires. Le Japon a mis les avions hors service, selon le journal financier Nikkei, tout en notant qu’un moteur de la même famille avait connu des problèmes en décembre.

Le constructeur aéronautique américain dénombre un total de 69 Boeing 777 avec les moteurs Pratt & Whitney 4000-112 en service et 59 autres en entrepôt.

United Airlines en comptait 24 en service et il s’agit de la seule compagnie aérienne américaine avec ce moteur dans sa flotte, selon la FAA. Deux compagnies aériennes japonaises en ont immobilisé 32 autres, et Asiana Airlines, neuf autres. Korean Air envisage d’interdire les vols pour 16 de ces avions, dont six sont en service.

L’atterrissage d’urgence du weekend dernier est le plus récent d’une série de coups durs pour Boeing, qui a vu ses avions 737 Max immobilisés pendant plus d’un an après deux accidents mortels en 2019 et qui souffre des répercussions de la crise de la COVID-19 sur l’industrie.