La reprise de l’emploi sera longue, prévient le gouverneur de la Banque du Canada

Les gouvernements pourraient accroître l’accès aux services de garde d’enfants et réduire leur coût pour aider le marché du travail à rebondir et amoindrir le risque de cicatrices économiques à long terme, a fait valoir mardi le gouverneur de la Banque du Canada.

Selon Tiff Macklem, le fait de rendre les services de garde d’enfants plus abordables et plus accessibles dans tout le pays aiderait davantage de femmes à retourner sur le marché du travail et à y rester.

La participation des femmes à la population active a fluctué avec les fermetures d’écoles et de garderies pendant la pandémie, ce qui a affecté leur capacité de travailler.

M. Macklem a souligné que les femmes et les jeunes avaient ressenti de manière disproportionnée le contrecoup de la deuxième vague d’infections à la COVID-19, qui a entraîné plus de 250 000 pertes d’emplois au cours des deux derniers mois.

Dans le texte d’un discours qu’il devait prononcer mardi, M. Macklem a affirmé que les services de garde des enfants et des mesures dynamiques pour le marché du travail pourraient aider à limiter les dommages causés à leur carrière et à leurs revenus.

Mais il a prévenu que les dommages causés par la COVID-19 au marché national du travail ne seraient pas facilement réparés et que la route menant à une reprise complète sera longue.

«Nous ne reviendrons pas au même type d’économie qu’avant», a affirmé M. Macklem dans le texte de son discours destiné aux chambres de commerce de Calgary et d’Edmonton.

«Une partie des entreprises et des emplois auront disparu du fait des changements permanents de la demande ou de l’adoption de nouvelles technologies. Il faut donc s’attendre à un long processus d’ajustement et à une reprise lente.»

Le marché du travail canadien a perdu 858 300 emplois depuis le début de la pandémie, car le resserrement des restrictions contre la COVID-19 en décembre et en janvier a forcé la fermeture d’écoles et d’entreprises, ce qui a renvoyé les chiffres sur l’emploi là où ils se trouvaient à la fin de l’été.

L’emploi a baissé plus rapidement chez les femmes que chez les hommes en janvier, avec une baisse particulièrement marquée pour les mères d’enfants en bas âge et d’âge scolaire.

Un avenir plus numérique 

M. Macklem dit s’attendre à des rebonds à court terme du nombre d’emplois, alors que certaines régions du pays assoupliront leurs restrictions en matière de santé publique.

Les vaccins promettent également un rebond plus soutenu après la récente vague de cas, a-t-il souligné, y compris pour les mères, car les écoles et les garderies devraient rester ouvertes.

Le retour à un marché du travail vigoureux est une condition essentielle à la réalisation de l’objectif de la banque centrale, qui consiste à maintenir l’inflation à un niveau bas, stable et prévisible, a rappelé M. Macklem.

La pandémie a accéléré la transition vers la numérisation, ce qui signifie que les nouvelles technologies rendront certains emplois obsolètes, a-t-il ajouté.

La montée du télétravail pourrait modifier le portrait des centres-villes des grandes villes, a estimé le gouverneur, en réduisant la demande pour le transport, la nourriture et d’autres services, ce qui réduirait également le nombre d’emplois.

Selon M. Macklem, la possibilité, pour des candidats, d’occuper des emplois que l’éloignement et les contraintes horaires rendaient auparavant hors de portée est un autre avantage du travail à distance.

Le système éducatif, du primaire au postsecondaire, doit intégrer le développement du savoir-faire et des technologies numériques dans toutes les disciplines, pour préparer les étudiants à un avenir «marqué par le numérique», a-t-il affirmé.

Les entreprises doivent également faire leur part, a précisé le gouverneur de la banque centrale, affirmant qu’elles pouvaient utiliser des formats virtuels pour former plus de travailleurs à moindre coût.

Les entreprises peuvent aider à réduire les cicatrices économiques en embauchant des travailleurs ayant des lacunes en matière d’emploi, comme les jeunes qui ont été sans emploi pendant la pandémie sans que cela soit de leur faute, a-t-il ajouté.