Enquête sur le vol massif de données: Desjardins réitère sa collaboration

Alors que l’enquête sur le vol massif de données personnelles survenu au Mouvement Desjardins est toujours en cours, le groupe financier coopératif répète offrir sa collaboration aux autorités policières même si les informations d’un reportage brossent un portrait plutôt différent.

Les médias de Québecor ont rapporté que des enquêteurs de trois corps de police, dont la Sûreté du Québec (SQ), ont perquisitionné les bureaux montréalais de la coopérative pendant plusieurs jours la semaine dernière. La SQ se serait même tournée vers les tribunaux pour tenter d’avoir accès à certains documents qu’on lui aurait refusés.

Au moment de commenter, mercredi, les résultats financiers de l’année 2020 marquée par la pandémie de COVID-19, où les excédents avant ristournes aux membres ont fléchi de 6,9%, à 2,4 milliards $, le président et chef de la direction de Desjardins, Guy Cormier, a refusé d’en ajouter.

«On collabore avec les corps policiers, a-t-il dit au cours d’une conférence téléphonique, sans indiquer s’il y avait bel et bien eu une perquisition. Je l’affirme, je le redis qu’on collabore avec les corps policiers et on va les laisser faire leur enquête.»

Interrogé à plus d’une reprise sur le dossier, M. Cormier a répété qu’il ne relevait pas de la responsabilité de Desjardins d’offrir des détails sur une enquête policière. Selon lui, il en est du ressort des autorités de faire le point sur leur enquête. La SQ n’a pas voulu offrir de détails, mercredi.

En décembre dernier, la coopérative établie à Lévis avait été durement critiquée par trois rapports, dont un de l’Autorité des marchés financiers, pour sa gestion de la sécurité des renseignements personnels, ce qui avait permis à un employé malveillant d’exposer les données personnelles de 9,7 millions de personnes. L’affaire avait été révélée en juin 2019.

«Le message que (j’envoie) aux équipes, c’est de collaborer avec les autorités policières, a dit M. Cormier. C’est ce que l’on fait.»

Grosse provision 

Le déclin des excédents nets avant ristournes est notamment attribuable aux provisions de 867 millions $ pour pallier les mauvaises créances, en hausse de 498 millions $ par rapport à 2019. De plus, Desjardins n’a pu compter sur le gain avant impôts de 349 millions $ comptabilisé en 2019 à la suite de la vente de Monetico.

En excluant les éléments non récurrents, les excédents affichent plutôt une hausse de 5,7% par rapport à 2019. Les revenus d’exploitation se sont établis à environ 18,4 milliards $, en hausse de 3%.

M. Cormier a estimé que dans le contexte, Desjardins avait offert une «solide performance» en 2020.

Le groupe financier coopératif a indiqué que sa provision pour ristourne aux membres était de 330 millions $ — une quatrième hausse consécutive. Le montant avait été de 317 millions $ en 2019.

«Avec l’arrivée de la vaccination (…) nos économistes anticipent un deuxième semestre plus positif, a dit M. Cormier. Ce que l’on constate aussi, c’est une baisse du solde de nos cartes de crédit. On parle d’une décroissance de 16,3% chez l’ensemble de nos membres et clients. C’est un signal positif.»

Par secteur 

Plus précisément, le secteur des particuliers et entreprises a vu son excédent net fléchir de 31% l’an dernier, à 1,3 milliard $. Sur une base ajustée, le recul est de 18%, une performance que le groupe coopératif a attribué à l’augmentation de la provision pour pertes de crédit.

Le recul a été de 12,6% du côté de la gestion de patrimoine et de l’assurance de personnes, où l’excédent net a été de 609 millions $. Une incidence défavorable de 43 millions $ liée à une hausse des prestations d’assurance voyage et un impact négatif attribuable à l’incidence des marchés sur les fonds de placement garantis expliquent en partie ces résultats.

Toutefois, le secteur de l’assurance de dommages a largement profité du contexte de la pandémie, alors que l’excédent net est passé de 187 millions $ en 2019 à 622 millions $ l’an dernier. Desjardins a profité d’une croissance des primes nettes et une sinistralité moins importante du côté de l’assurance automobile puisque la crise sanitaire a limité les déplacements en raison des restrictions.

En date du 31 décembre, l’actif total de Desjardins se chiffrait à 362 milliards $, en hausse de 15,7% sur un an.