Les contribuables auront deux méthodes pour déclarer leurs dépenses de télétravail

Ottawa a mis au point un moyen plus simple de réclamer les dépenses pour cette chambre d’amis ou ce coin du salon qui s’est transformé en bureau de fortune au printemps dernier, au début du confinement forcé par l’arrivée de la pandémie de COVID-19 au pays.

En plus de la méthode détaillée de réclamation des frais de bureau à domicile, le gouvernement fédéral a annoncé l’an dernier une nouvelle méthode forfaitaire temporaire dans le but précis de faciliter la préparation des déclarations de revenus en cette période difficile.

Des experts estiment que la nouvelle méthode de taux forfaitaire est rapide et facile, mais l’utilisation de la méthode détaillée peut donner un meilleur résultat, en fonction des différentes situations, et il vaut la peine de vérifier la différence entre les deux méthodes pour s’assurer d’obtenir la meilleure offre.

Edward Rajaratnam, directeur général d’EY Canada, remarque que la méthode détaillée pourrait être meilleure pour les locataires que pour les propriétaires, puisqu’ils ont la possibilité de réclamer une partie de leur loyer, ce qui pourrait augmenter le montant de leur déduction au-delà du plafond de 400 $ placé sur l’option à taux fixe.

Cependant, ajoute-t-il, la méthode du taux forfaitaire temporaire est plus simple, comme son nom l’indique.

«La beauté de cette méthode est que c’est un taux fixe, c’est 2$ par jour jusqu’à un maximum de 400$, et la deuxième beauté de cette méthode est qu’on n’a pas besoin de conserver les reçus, en fait», affirme-t-il.

«Tous ceux qui ont travaillé à domicile ont été occupés avec le travail, alors il peut être compliqué de simplement imaginer retrouver tous les reçus.»

On ne doit pas compter les jours de congé, les journées de vacances, les congés de maladie ou autres congés, de sorte qu’il est possible de ne pas atteindre les 200 jours nécessaires pour maximiser la réclamation forfaitaire de 400$. Cependant, les journées de travail n’ont pas besoin d’être complètes pour être admissibles. Même si on n’a travaillé qu’une partie de la journée, on peut demander les 2$ pour cette journée.

Comparer les deux méthodes 

Bien que la méthode du taux fixe soit simple, Gerry Vittoratos, spécialiste national en fiscalité chez ImpôtExpert, estime qu’il vaudrait mieux demander à son employeur de remplir le formulaire de l’Agence du revenu du Canada (ARC) qui permet d’utiliser la méthode détaillée si le rendement obtenu est meilleur avec cette méthode.

«Si l’on peut en obtenir plus en choisissant la méthode détaillée, il ne faut pas s’empêcher de le réclamer», indique M. Vittoratos, soulignant que l’ARC a simplifié les formulaires cette année pour permettre aux entreprises de les fournir plus facilement aux employés.

«Il faut faire la comparaison entre les deux et voir laquelle est la meilleure. Il se peut que la méthode détaillée soit bien meilleure.»

Pour être admissible aux deux méthodes, il faut avoir travaillé plus de 50% du temps à domicile pendant une période d’au moins quatre semaines consécutives en 2020.

Contrairement à la méthode du taux forfaitaire, la méthode détaillée nécessite une comptabilité approfondie des dépenses réelles, qui doivent être justifiées par des reçus. Mais, contrairement à la méthode du taux fixe, la déduction totale n’est pas plafonnée à 400$, il est donc possible d’économiser davantage.

Les dépenses admissibles comprennent des choses comme les fournitures de bureau, mais aussi une part des dépenses pour les services publics, les frais d’accès internet à domicile, l’entretien et les réparations mineures. Les locataires peuvent réclamer une portion de leur loyer, mais les propriétaires ne peuvent pas réclamer une partie de leurs versements hypothécaires.

Il n’est pas possible de réclamer des dépenses pour lesquelles un employeur a offert un remboursement.

Pourcentage du logement consacré au travail

Ceux qui choisissent la méthode détaillée et qui cherchent à réclamer une partie de leur facture de services publics ou de leur loyer devront déterminer dans quelle mesure leur logement a été utilisé pour le travail.

Si une chambre d’amis est devenue un bureau improvisé, la proportion qu’il est possible de réclamer est la même que celle occupée par l’espace dans le logement. Donc, si la chambre d’amis transformée en bureau représente 10% de la superficie en pieds carrés de l’habitation, il est possible de réclamer 10% des dépenses pour les services publics, pour la période où le télétravail a eu lieu.

Mais le calcul devient plus compliqué si la table de cuisine ou la salle à manger ont été utilisées, puisqu’il s’agit d’espaces qui servaient également un autre but dans la maison et qu’il n’est possible de faire une réclamation que pour le temps consacré au travail à la maison.

Selon M. Vittoratos, si la méthode détaillée est envisagée, il est important de savoir quelle est la taille du logement et quelle proportion a été utilisée pour le travail, puisque les comptables en auront besoin pour déterminer ce qui est le mieux.

«Il faut avoir toutes les informations devant soi. Il faut s’assurer que tout est en ordre pour obtenir le rendement maximal possible», fait-il valoir.

M. Rajaratnam a noté que la déduction forfaitaire était admissible pour chaque personne. Donc, les deux membres d’un même couple qui ont travaillé à domicile peuvent tous deux faire une demande forfaitaire.

«Si les deux conjoints ont travaillé à domicile (…), ils peuvent tous deux réclamer 400$ et n’ont pas besoin de montrer leurs dépenses, tant qu’ils travaillent à domicile», explique-t-il.

Cependant, ajoute-t-il, chacun doit tenir compte de sa propre situation pour déterminer ce qui convient le mieux à sa déclaration de revenus.