Le N.-B. connaîtra une reprise économique moins fulgurante que le reste du Canada

Si le Nouveau-Brunswick a subi une récession moins sévère que d’autres provinces en raison de la pandémie, le redressement de son économie s’annonce aussi moins fulgurant qu’ailleurs au pays.

Selon les prévisions du ministère des Finances, le Nouveau-Brunswick pourrait profiter d’une croissance de 2,9% de son économie en 2021, contre 4,7% dans l’ensemble du Canada. Il s’agit là d’une estimation inférieure à celles des institutions financières en raison de «l’incertitude persistante liée à la pandémie».

«L’économie provinciale ne reviendra pas aux niveaux d’avant la pandémie avant la fin de 2022 ou en 2023», analyse le rapport présenté cette semaine.

La province estime que son produit intérieur brut (PIB) réel a diminué de 3,9 % l’an dernier, un recul plus faible qu’au niveau national (-5,5%). Derrière la Colombie-Britannique et la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick se place aussi sur le podium des provinces qui ont subi les plus faibles pertes d’emplois (-2,6% comparativement à une baisse de -5,1% à l’échelle canadienne).

Les secteurs de l’information, la culture, et les loisirs, les services d’hébergement et de restauration, ainsi que la fabrication ont enregistré les pertes les plus importantes.

Ce sont surtout les aides fédérales qui ont permis de limiter la casse. Grâce aux diverses mesures de soutien d’Ottawa, la rémunération hebdomadaire moyenne a augmenté de 5,9% en 2020.

«L’accessibilité de ces programmes a compensé le ralentissement de la croissance du revenu primaire des ménages», reconnaît le ministère des Finances, qui constate une croissance des ventes au détail lors de l’année écoulée.

Il avance qu’une déploiement accéléré du vaccin, une augmentation de la consommation des ménages et un rebond de l’investissement en raison de la reprise des projets retardés seront des moteurs de croissance cette année. À moyen terme, l’équipe au pouvoir compte sur l’aménagement d’une nouvelle usine de production de pommes de terre McCain, le développement d’une industrie de petits réacteurs modulaires et la remise à neuf du barrage de Mactaquac pour stimuler l’activité économique.

Les secteurs de la pêche et de l’aquaculture pourraient profiter des prix des produits de base plus élevés, mais l’incertitude continuera de peser si les défis en matière de main-d’œuvre persistent. En revanche, la croissance sera freinée par le taux de change défavorable du dollar canadien et une chute de l’immigration, limitée par la fermeture de frontières, les restrictions de voyage et les retards dans les processus de demande.

La Banque Nationale prévoit aussi un ralentissement des mises en chantier après une hausse de 18,7% et un niveau record en 2020. Selon ses analystes, la reprise économique de la province devrait être alimentée en partie par le secteur forestier en raison de la bonne santé du marché immobilier résidentiel américain, de la baisse des droits sur le bois d’oeuvre et de résineux et une augmentation des prix du bois d’oeuvre.

Selon la banque RBC, les progrès de la vaccination amélioreront les perspectives des économies provinciales, si bien que l’institution – très optimiste – avance que le Nouveau-Brunswick annulera entièrement le recul du PIB enregistré l’an dernier, dès 2021.

De son côté, la Banque Royale note que le redressement dans les secteurs du tourisme, de l’hébergement et de la restauration risque cependant d’être plus lent, mais souligne que la création d’une bulle permettant les déplacements au sein des quatre provinces de l’Atlantique pourrait insuffler un élan supplémentaire dans la région.