Bataille pour acquérir l’américaine KCS: le ton monte entre le CP et le CN

Le ton monte dans la bataille entre les deux plus grands chemins de fer du Canada, qui ont présenté des offres concurrentes pour acquérir le chemin de fer américain Kansas City Southern (KCS).

Dans une lettre adressée jeudi au conseil d’administration du chemin de fer américain, le chef de la direction de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN), Jean-Jacques Ruest, a accusé le Chemin de fer Canadien Pacifique (CP) de distraire les investisseurs avec «des affirmations inexactes et sans fondement».

Selon lui, son rival de Calgary n’a pas reconnu la «supériorité claire et substantielle» de la proposition en espèces et en actions du CN pour les actionnaires de KCS. Sa proposition est évaluée à 33,7 milliards $ US, soit 3,25 $ US par action, ou 50 $ US de plus par action que celle du CP.

Mercredi, le chef de la direction du Canadien Pacifique, Keith Creel, a indiqué que si même si l’offre du CN était «révélatrice», elle restait inatteignable puisqu’elle ne pourrait pas obtenir l’approbation réglementaire des États-Unis en raison de son impact négatif sur la concurrence.

M. Creel estime qu’une fusion CN-KCS «déstabiliserait» l’équilibre du réseau ferroviaire en Amérique du Nord qui a empêché une consolidation supplémentaire des six plus grands chemins de fer pendant deux décennies, ajoutant que cela désavantagerait le CP en faisant de lui le «joueur de trop» en Amérique du Nord.

Cependant, M. Ruest a rétorqué que la condition d’approbation réglementaire des chemins de fer qui importait était celle pour la mise en place d’une fiducie de vote, et que les deux transporteurs étaient dans une situation identique à cet égard.

Une fiducie de vote permettrait aux actionnaires de KCS de recevoir un paiement de contrepartie complet sans avoir à attendre l’approbation finale de l’opération par le STB.

«Le CN est convaincu que le Surface Transportation Board (STB) ne soumettra pas la proposition du CN à une norme ou à un examen différent pour l’approbation de la fiducie de vote par rapport à la proposition du CP», a écrit M. Ruest.

«Les deux fiducies de vote sont également susceptibles d’être approuvées. Les affirmations délibérément trompeuses du CP à l’effet contraire ne sont pas correctes.»