Un véritable effondrement du trafic, des pertes vertigineuses et un avenir incertain. L’Aéroport international Roméo-LeBlanc du Grand Moncton demeure à la merci d’une levée des restrictions liées aux voyages.

L’heure n’était pas aux réjouissances vendredi, lors de l’assemblée générale annuelle de l’autorité aéroportuaire. Le secteur de l’aviation ne voit pas le bout du tunnel.

«Sur le plan financier, l’impact de la pandémie sur notre aéroport a été dévastateur. Nous avons connu une baisse de 74% de notre trafic passagers avec seulement 173 404 passagers contre 674 406 l’année précédente», a exposé le PDG de l’aéroport, Bernard LeBlanc.

«Malheureusement, la préservation des liquidités pour compenser les impacts de la pandémie n’a été possible qu’en réduisant fortement les dépenses prévues et les projets d’infrastructure, ainsi qu’en réduisant considérablement notre effectif.»

Le trafic de passagers a atteint son plus bas niveau en mai, avec 1079 passagers, soit une baisse de 98%. Air Canada a considérablement réduit son activité, Porter Airlines a interrompu toute son activité sur le réseau en avril et n’a toujours pas redémarré, tout comme Sunwing et Air Transat, et WestJet a interrompu toute son activité dans les aéroports du Nouveau-Brunswick en novembre.

Les dégâts sont lourds: les dépenses ont excédé de 6,5 millions $ les recettes l’an dernier. «Pour préserver les flux de trésorerie, les dépenses en capital ont été réduites de 10,4 millions $ par rapport à notre budget. En l’absence d’un soutien financier supplémentaire, nous prévoyons d’épuiser nos réserves de trésorerie en 2021, ce qui nous obligera à contracter une dette supplémentaire», s’inquiète Nancy Whipp, la présidente du conseil d’administration.

Il faudra donc tenir jusqu’à un retour du trafic, mais quand viendra l’embellie? La reprise s’annonce à un rythme très modéré, prévient Mme Whipp. «Les experts de l’aviation prévoient qu’il faudra plusieurs années, voire jusqu’en 2024 ou plus tard, pour retrouver les niveaux d’activité de 2019. La performance de 2021 dépendra du déploiement des vaccins, de l’assouplissement des restrictions de voyage et de la reprise économique.»

La direction de l’aéroport du Grand Moncton réclame désormais un plan pour une reprise progressive des activités de transport de passagers et des «protocoles de voyage sûrs».

Lors d’une entrevue avec CBC au début du mois, la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, a confirmé que le gouvernement fédéral adhère à l’idée d’un passeport vaccinal pour voyager à l’extérieur du pays et que les discussions se poursuivent avec les autres pays du G7 pour trouver un terrain d’entente.

«Nous avons grand besoin d’une direction. Il y a beaucoup de discussions, mais il nous faut un plan. Les registres de vaccination doivent être numérisés, normalisés et reconnus au niveau international. C’est le défi que rencontrent nos compagnies aériennes actuellement», lance Bernard LeBlanc.

«Notre viabilité financière et la poursuite de nos activités ne seront possibles que grâce à une telle reprise. Elle nécessitera probablement de nouvelles approches pour atténuer la propagation de la pandémie qui pourrait inclure une combinaison de protocoles tels que des tests COVID-19 et des alternatives aux exigences de quarantaine et aux restrictions de voyage.»

Une telle demande a également été présentée par le transporteur Air Canada plus tôt cette semaine.

«Il est maintenant crucial que les gouvernements mettent en œuvre un plan de réouverture en allégeant les restrictions de déplacements en toute sécurité à mesure que se poursuivent les campagnes de vaccination, a déclaré son président et chef de la direction, Michael Rousseau. Nous avons constaté ailleurs, en particulier aux États-Unis, que les voyages reprennent rapidement lorsque la pandémie s’estompe et que les restrictions sont levées, et nous nous attendons à ce que ce phénomène puisse se reproduire au Canada.»

Une lueur d’espoir est venue d’Ottawa cette semaine, le gouvernement fédéral se prépare à débourser 740 millions $ en investissements au cours des six prochaines années pour soutenir les installations aéroportuaires au pays. Autre bonne nouvelle, la demande s’annonce déjà forte pour les voyages de la saison hivernale vers les destinations soleil.

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