La dernière année a été difficile pour les entrepreneurs du Restigouche. Qu’à cela ne tienne, ils ont été nombreux à faire preuve de résilience et à travailler avec acharnement depuis la pandémie. Et ces efforts ne sont pas passés inaperçus.

«On s’était promis de faire quelque chose quoiqu’il arrive. D’une façon ou d’une autre.»

Directrice générale de la Chambre de commerce régionale de Campbellton (CCRC), Sylvie Bergeron est on ne peut plus soulagée d’avoir pu présenter, vendredi, le gala entrepreneurial de son organisation.

C’est qu’en ces temps d’incertitudes, la planification d’événement est devenue tellement complexe que plusieurs préfèrent ne rien tenter jusqu’au véritable retour à la normale. À preuve, son organisation avait dû annuler son gala l’an dernier en raison de la pandémie de la COVID-19. Cette fois, pas question de faire marche arrière, et surtout pas avec la dernière année qu’ont vécue les entreprises de la région.

«Ce fut une année de résilience et de détermination de la part de nos entrepreneurs. On se devait de souligner leur travail, car ce ne fut pas évident», souligne-t-elle.

Pas évident en effet, car en plus de lutter contre la COVID-19 comme bien d’autres entreprises en province, celle du Restigouche ont rapidement dû faire leur deuil — avec la fermeture du pont interprovincial — d’une énorme partie de leur clientèle. Pour certains, c’est le tiers de la clientèle qui s’est envolé d’un coup. Pour d’autres, c’est carrément la moitié.

C’est le cas, entre autres, du lauréat du prix Entreprise de l’année (25 employés et plus), le Canadian Tire d’Atholville. Cette baisse marquée de l’achalandage dans les allées du magasin survient de surcroit tout juste après un investissement massif dans la modernisation et l’agrandissement des lieux par son propriétaire, Pierre Girard. Pour ce dernier, qui venait également d’investir dans l’achat de Tigres junior A de Campbellton, la pandémie ne pouvait, en ce sens, plus mal tomber.

«On n’agrandit pas un magasin dans le but de rester au même niveau en matière de ventes et d’achalandage. C’est pour croître», souligne le propriétaire, attestant de l’impact négatif incroyable qu’a eu la fermeture des frontières depuis mars 2020.

Comme ailleurs, ce dernier a dû s’adapter à la nouvelle réalité. Les caisses neuves sont devenues usées tellement elles ont été désinfectées.

Des plexiglas ont été installés. Des flèches posées au sol afin de gérer le trafic et faire respecter la distanciation… Des irritants? L’homme d’affaires préfère voir cela comme un investissement envers la sécurité de ses employés et de sa clientèle.

«On a dû se relever les manches, comme ont dû le faire toutes les autres entreprises de la région. Ce fut difficile pour tout le monde, on a tous souffert économiquement», explique ce dernier, notant qu’en dépit de l’incertitude entourant la COVID-19, son magasin n’a jamais fermé ses portes puisque considéré comme essentiel.

Dans ce contexte, le prix de la Chambre de commerce régionale de Campbellton survient comme un baume. Une tape sur les épaules à un moment des plus opportuns.

«C’est super encourageant. Comme entrepreneur, on s’attarde beaucoup aux résultats financiers et on est déçu quand ils ne sont pas à la hauteur des attentes. Mais quand tu vois que les gens de la région apprécient ton travail, ça fait chaud au cœur», affirme-t-il, saluant au passage les autres entreprises en nomination dans sa catégorie, le restaurant Dairy Queen d’Atholville ainsi que le Centre Transmed.

L’espoir est d’ailleurs de mise avec l’annonce récente d’assouplissements aux frontières, de réouverture de la «bulle» avec la MRC d’Avignon, voire même le reste du pays avant la fin de l’été.

«C’est de bon augure pour le futur. Quand le pont va rouvrir, tout le monde va respirer un peu mieux», remarque M. Girard.

La soirée de gala

Cette année, la CCRC est revenue à la charge avec son gala, et ce, par le biais d’une formule hybride, moitié en présentiel et moitié en mode virtuel.

L’organisation a profité de la pause forcée de 2020 pour repenser son concept. La différence majeure, c’est l’inconnu. En effet, auparavant, chaque gagnant des catégories était connu à l’avance et simplement dévoilé au grand public lors de la soirée reconnaissance. Cette fois, un peu à l’image des galas conventionnels, des entreprises sont mises en nomination et ont appris la surprise en direct.

«Puisque c’est une année spéciale, on a tenu à faire les choses différemment, à se réinventer. C’est la première fois que l’on tentait l’expérience. C’était notre façon de dire à toutes ces entreprises qui ont tellement travaillé fort au cours de la dernière année que même si elles n’ont pas remporté les grands honneurs, elles sont à nos yeux aussi des gagnantes», explique Mme Bergeron.

Outre le Canadian Tire, quatre autres lauréats se sont levés au cours de la soirée. C’est le cas de l’entrepreneur électricien de Charlo, Levesque McIntyre Electric (25 employés en moins); de Véronique Thibeault, propriétaire de la boutique Bijoux Sail Away (Femme entrepreneure); de l’entreprise Restair, spécialisée dans la vente d’équipements médicaux (Entreprise bénévole); et de Jacob Woods d’East Coast Industrial, entrepreneur général en construction (Jeune entrepreneur 18-39).

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