«C’est un peu Noël avant le temps. Ça s’enligne vraiment pour être un bel été au magasin.»

Propriétaire du Canadian Tire d’Atholville, Pierre Girard est un homme soulagé. Il est loin d’être le seul.

Depuis un mois, les mesures sanitaires liées à la COVID-19 ont été assouplies considérablement, permettant du même coup de mettre un terme au plus grand irritant de la dernière année dans le Restigouche: la fermeture de la frontière avec la Gaspésie.

M. Girard attendait depuis longtemps sa réouverture. Et il est loin d’être déçu. Selon l’homme d’affaires, l’achalandage et les ventes sont pratiquement revenus au même point qu’avant la pandémie.

«C’en est presque inattendu pour être franc, car on n’avait aucune idée de l’impact à plus long terme de la fermeture des frontières, si les gens allaient continuer de venir magasiner ici comme avant par la suite. Et pour le moment, ils sont là, heureusement», relate ce dernier qui avait anticipé la situation et fait le pari de bien garnir son inventaire en prévision d’une hausse des ventes. Un pari payant.

Pour en avoir discuté avec d’autres commerces de la région, M. Girard confirme que cette tendance n’est pas unique au Canadian Tire. Pratiquement tous les commerces et restaurants du Restigouche profitent de l’abolition (ou presque) des restrictions frontalières.

«Tout le monde à qui j’en ai parlé m’a confirmé la tendance. En plus de la MRC d’Avignon, on peut cette fois compter sur toute la Gaspésie ainsi que les touristes qui sont de retour. C’est un progrès énorme», estime-t-il.

Le passage au vert anticipé pour le début du mois d’août apporte également son lot d’espoirs pour l’homme d’affaires, notamment l’abandon de l’obligation du port du masque.

«C’est certain qu’on a hâte de ne plus l’obliger. On aura alors moins le sentiment de vivre dans un monde un peu irréel», dit-il.

Copropriétaire de la franchise des Tigres juniors A des Maritimes, M. Girard espère maintenant que les bonnes nouvelles se poursuivront tout l’automne afin de pouvoir remplir les sièges du Centre civique de Campbellton.

La clientèle québécoise est de retour en force dans les commerces du Restigouche et du Madawaska. – Acadie Nouvelle Jean-François Boisvert

Impacts à long terme

Au centre-ville de Campbellton, le même enthousiasme est partagé.

Frédéric Daigle possède deux boutiques côte à côte: Pro X-Sports qui fait dans le plein air et le vélo, et la Mercerie Drake, spécialisée dans les vêtements pour homme. De son propre aveu, la moitié de sa clientèle provient du Québec. Du coup, la réouverture des frontières constitue une véritable bénédiction. Selon l’entrepreneur, l’effet n’a pas mis de temps à se faire ressentir.

«En fait, ç’a été instantané. Du jour au lendemain, on a vu l’impact sur l’achalandage et les ventes. On a vu des gens que nous n’avions pas vus depuis longtemps», exprime-t-il.

Toujours selon lui, l’engouement n’a pas diminué depuis l’ouverture.

«C’est comme ça depuis un mois. Avec la dernière année que nous avons eue, ça fait du bien de retrouver un semblant de normalité dans nos commerces», souligne-t-il.

L’homme d’affaires Frédéric Daigle a constaté une augmentation substantielle et immédiate au chapitre de l’achalandage et des ventes suite à l’ouverture de la frontière. – Acadie Nouvelle Jean-François Boisvert

Malgré ces bonnes nouvelles, il reste encore du chemin à faire. Comme bien d’autres, M. Daigle n’a pas encore complètement regagné sa clientèle.

«On a été absent longtemps pour certains consommateurs. On part de loin. Le problème, c’est que certains se sont trouvé des alternatives et ont changé leurs habitudes de consommation. Je crois qu’il faudra attendre au moins une bonne année encore avant que ça revienne où c’était, en espérant que ça revienne. Car des habitudes, ça prend du temps à créer, mais très peu à défaire», note-t-il.

Qu’à cela ne tienne, ce regain de vitalité depuis quelques semaines demeure un pas énorme dans la bonne direction.

«Ça fait tellement du bien!»

Lorsqu’il n’est pas dans son bureau, Pierre Girard aime bien aller marcher dans les allées de son magasin et jaser avec ses clients. Depuis un mois, il aime ce qu’il entend.

«Les clients sont non seulement au rendez-vous, ils sont contents. Ils me disent à quel point ils avaient hâte de pouvoir revenir», souligne-t-il.

Son de cloche similaire de M. Daigle.

«On est content de revoir nos clients, mais eux également. Le commentaire que l’on reçoit le plus, c’est à quel point ça fait tellement de bien de pouvoir circuler sans encombre d’un côté comme de l’autre du pont. Tout le monde attendait ce moment avec impatience», indique-t-il.

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