Les prix ont augmenté de 3,9% au Nouveau-Brunswick de juillet 2020 à juillet 2021. Une grande inflation comparée à la cible de la banque
centrale du Canada, située entre 1% et 3%. L’économiste Pierre-Marcel Desjardins prévoit un retour à la normale dans quelques mois.

«Il ne faut pas paniquer», suggère le directeur de l’École des hautes études publiques à l’Université de Moncton.

Il précise que c’est le prix de l’énergie qui déterminera l’évolution du budget des consommateurs néo-brunswickois. Les tarifs de l’électricité, du gaz naturel, du mazout et de l’essence ont augmenté ensemble de près de 20% en un an.

«La montée des prix est en partie causée par celle du pétrole. C’est un retour de balancier après la chute des tarifs à la pompe durant la récession et la pandémie, analyse M. Desjardins. Sans prendre en compte l’énergie, l’inflation est seulement de
2,3% au Nouveau-Brunswick.»

L’économiste a cependant des difficultés à prévoir précisément la fin des taux exceptionnels d’inflation.

«On risque de voir un allégement des prix de l’essence dans les prochaines semaines, mais il y a beaucoup d’incertitudes», indique-t-il.
Le professeur affirme que le Nouveau-Brunswick est incapable d’influencer ces cours.

«Nous pouvons juste soutenir les plus pauvres, dit-il. Ma préoccupation est le logement. Nous devons augmenter l’offre d’habitats abordables.»

Les coûts pour se loger ont augmenté de 3,9% entre juillet 2020 et juillet 2021 dans la province.

«Il ne faudrait pas que des gens se retrouvent à la rue, s’inquiète M. Desjardins. Il faudrait peut-être des appuis temporaires au logement pour certains types de personnes, comme celles qui bénéficient de l’aide au revenu et les aînés avec une faible pension.»

D’autres produits dont le coût a des conséquences sur les plus démunis sont les aliments. Leur prix a augmenté de 2,8% en un an.

Statistique Canada nuance en faisant valoir que la variété d’aliments peut neutraliser des variations importantes de prix. Par exemple, au niveau national, les prix de la viande (+3,1 %) et des produits laitiers (+3,5 %) ont augmenté d’une année à l’autre en juillet, tandis que les prix des légumes frais (-7,5 %) et des fruits frais (-0,6 %) ont diminué pendant la même période.

«Ce sont les sécheresses dans l’Ouest qui sont préoccupantes, pointe M. Desjardins. Elles affectent le prix du blé jusqu’à la prochaine récolte.»

La banque centrale du Canada, qui fixe les taux d’intérêt influençant la consommation puis les prix, pense aussi que l’inflation anormale sera temporaire. Elle prévoit qu’elle restera supérieure à 3% pour le reste de l’année, mais qu’elle se rapprochera de 2% l’an prochain dans le pays, selon le Globe and Mail.

«La banque centrale ne veut pas étouffer la reprise en remontant trop vite les taux d’intérêt [qu’elle a baissés pendant la pandémie], observe M. Desjardins. Elle ne craint pas une poussée inflationniste permanente. Mais si des salaires grimpent de 5% à 7% dans des conventions collectives, l’augmentation des prix s’incrustera dans l’avenir.»

L’économiste note par ailleurs que les programmes d’aides fédéraux pendant la pandémie, comme la Prestation canadienne d’urgence, ont participé à l’augmentation de la demande que l’offre n’a pas pu satisfaire dans plusieurs secteurs (les vélos, les automobiles, le bois, etc.). Ce déséquilibre explique des augmentations de prix.

«Les programmes d’aides gouvernementales ont une date de péremption», souligne toutefois M. Desjardins.

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