Sans Air Canada ou Pierre-Karl Péladeau, Transat A.T. ne parle plus de mariage, mais cherche toujours des compagnons de voyage vers la reprise de l’industrie aérienne. Le transporteur montréalais, dont les activités sont toujours lourdement impactées par la pandémie, espère annoncer des ententes de partenariats dès l’automne.

Ces «alliances» viseraient à partager certaines routes avec d’autres transporteurs, a précisé Annick Guérard, présidente et cheffe de la direction lors d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du troisième trimestre. Le nom des partenaires potentiels n’a pas été dévoilé, mais des discussions ont lieu avec plusieurs entreprises depuis quelques mois.

Après avoir décidé de quitter le secteur de l’hôtellerie, Transat a constaté qu’elle avait besoin d’étendre le nombre de destinations qu’elle dessert. «Les partenariats et les alliances seront une pièce maîtresse du développement de notre réseau à court, moyen et long terme», a dit la dirigeante qui a été promue de chef de l’exploitation à PDG en mai dernier.

«Nous voulons conclure des ententes qui nous permettront de rapides gains tout en bâtissant une relation de confiance qui pourrait nous mener vers une alliance stratégique plus importante.»

Ces discussions surviennent quelques mois après l’abandon, en avril dernier, de l’offre d’acquisition de Transat par Air Canada. L’homme d’affaires Pierre-Karl Péladeau avait aussi fait part de son intérêt, mais les discussions avec le chef de la direction de Québecor ont cessé en juin.

Une reprise incertaine

Transat en est encore au balbutiement de la reprise de ses activités. Le transporteur reprend progressivement ses vols depuis le 30 juillet dernier, après avoir suspendu ses activités pour une deuxième fois en janvier dernier. La société mène toujours ses opérations à perte.

Pour le moment, Mme Guérard trouve que les premiers signes du côté des réservations et de la demande sont «encourageants». Au cours de l’été, le taux d’occupation des appareils était à environ 85%, avec un nombre moindre de vols toutefois. Les revenus par passagers ont été similaires à ceux observés avant la pandémie.

La saison hivernale, un moment important pour les destinations soleil, devrait être meilleure que l’an dernier, croit la dirigeante. Il est encore tôt pour faire des prévisions, nuance-t-elle en raison de l’incertitude entourant la quatrième vague et le fait que les clients ont tendance à réserver «à la dernière minute».

L’offre de Transat est 35% inférieure au niveau d’avant la pandémie pour l’hiver. «Si jamais la demande était plus élevée, nous allons nous ajuster pour saisir les occasions. »

Remboursement des voyageurs et liquidités

La société a aussi fait le point sur le remboursement des voyageurs dont le vol a été annulé en raison de la COVID-19. Elle a remis 265,1 millions $ à ses clients. Elle a reçu des demandes de remboursement représentant 80% du montant des crédits émis et a remboursé 90% des montants réclamés. Les clients avaient jusqu’au 26 août 2021 pour faire parvenir leur demande.

En avril, Transat avait conclu une entente avec Ottawa lui permettant d’emprunter jusqu’à 700 millions $ à condition de rembourser ses clients.

Étant donné les conditions difficiles de l’industrie, les investisseurs accordent une plus grande importance à la gestion des liquidités de l’entreprise qu’à ses revenus ou ses pertes comptables.

Au troisième trimestre, la société a puisé environ 20 millions $ par mois dans ses réserves pour maintenir ses activités. C’est moins que le rythme mensuel de 30 millions $ au trimestre précédent et le plus bas seuil depuis 12 mois.

L’encaisse de la société est en hausse de 83 millions $, par rapport au précédent trimestre, à 429 millions $, une hausse qui s’explique par le recours à l’endettement.

«Nous sommes encouragés par la gestion meilleure que prévu des liquidités, commente Benoit Poirier, de Desjardins Marché des capitaux. Ceci étant dit, nous préférons attendre plus de détails sur la forme de la reprise et sur la capacité qu’aura la direction de mettre en branle son plan stratégique.»

Transat rapporte que sa perte nette attribuable aux actionnaires au troisième trimestre (terminé le 31 juillet) s’est établie à 138,1 millions $, ou 3,66$ par action diluée, alors qu’elle avait été de 45,1 millions $, ou 1,20 $ par action diluée lors du trimestre correspondant de l’exercice 2020.

À 12,5 millions, les revenus sont en hausse de 31,4% par rapport à la même période l’an dernier, mais toujours 98% sous leur seuil d’avant la pandémie. La perte ajustée par action est de 3,06$.

Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient des revenus de 9,3 millions $ et une perte nette ajustée par action de 2,61$, selon Refinitiv.

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