Tout comme c’est le cas à Rogersville, les commerçants de Richibucto ressentent aussi le manque de main-d’œuvre dans la région.

La direction de la quincaillerie Home Hardware a publié un message sur Facebook jeudi. Ce commerce a l’habitude d’ouvrir ses portes lors des quatre dimanches précédant Noël. Ce ne sera toutefois pas le cas cette année.

«Comme plusieurs autres commerçants en ville, nous avons été à court de personnel pour une bonne partie de l’année et nos employés réguliers ont pris le relais. Aussi, avec tout ce qui se passe dans le monde, nous croyons prendre la meilleure décision pour le magasin et les employés.»

La mairesse de Richibucto, Stella Richard, a laissé entendre que le problème de recrutement n’est pas nouveau et que beaucoup de commerçants vivent la même situation en ville. «Partout où tu vas, il manque de gens pour travailler», dit-elle.

«Dans un monde idéal, je te dirais qu’on n’est pas à plein régime, mais on s’organise, a expliqué le directeur général de la Coopérative Cartier de Richibucto, Rémi Roy. Toutefois, on n’a pas une pile de CV sur nos bureaux, dit-il en riant. C’est comme partout ailleurs.»

«On a eu un conférencier il n’y a pas longtemps, c’était Richard Saillant. Il expliquait que la solution, ça va passer par l’immigration. Mais le problème tout de suite, c’est qu’il n’y a pas de logement pour les personnes qui arrivent», affirme M. Roy. Il croit que ce sera un enjeu difficile à surmonter au cours des prochaines années.

Rémi Roy rappelle que son industrie ne peut pas être entièrement automatisée. Il aura toujours besoin de bouchers pour procéder aux coupes de viande, de personnel pour placer les articles sur les étagères, pour la production et autres tâches.

La présidente de la Commission de services régionaux de Kent (CSRK), Pierrette Robichaud, considère le problème comme «alarmant». Elle sait de quoi elle parle puisqu’elle vit la même situation en tant que mairesse de Rogersville.

«Nos entreprises sont obligées de fermer tôt. Tim Horton par exemple a juste commencé dernièrement à rouvrir les soirs, parce qu’il n’avait pas d’employés. C’est la même chose au restaurant-motel chez Freda, au Decker Boy et à la Coop, ils cherchent des gens pour travailler.»

Mme Robichaud souligne elle aussi la question du logement associée au manque de ressources humaines. «C’est bien beau dire qu’on va travailler et qu’on va essayer de faire venir des immigrants, mais on n’a pas de logements. Ça, c’est un autre problème, et c’est un problème à la grandeur de la province. Dans une petite municipalité, les promoteurs immobiliers ne sont pas intéressés de construire des logements abordables.»

Elle croit que les municipalités devront travailler avec les gens de la communauté pour résoudre le problème de l’hébergement. «Puis travailler ensemble pour s’assurer que si on fait venir des immigrants, il faut avoir des comités locaux qui vont les accueillir, les aider à s’intégrer dans la communauté. On a du travail à faire comme municipalité et comme communauté.»

La présidente de la CSRK croit que la main-d’œuvre, les besoins en immigration et en logements abordables représentent ensemble le plus gros défi pour les prochaines années.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle