Les propriétaires de petites entreprises demandent à la ministre fédérale des Finances d’envisager une aide supplémentaire pour rembourser leurs dettes liées à la pandémie, car la sixième vague de la COVID-19 entraîne une nouvelle chute des ventes.

La ministre Chrystia Freeland a entendu cet appel à l’aide à plusieurs reprises ces derniers jours lors d’une tournée post-budgétaire à travers le pays.

Sa réponse a été que les mesures d’urgence ne sont plus nécessaires avec la crise passée, l’économie en plein essor et le gouvernement devant resserrer sa ceinture budgétaire.

Dan Kelly, président de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), soutient que 40 % de ses membres déclarent avoir retrouvé des ventes normales.

Davantage s’inquiétaient de l’impact sur les revenus et de leur capacité à rembourser les prêts alors que l’achalandage n’est pas au rendez-vous, malgré la fin de plusieurs restrictions sanitaires dans les provinces, ajoute-t-il.

Ses membres ont fait part de ces préoccupations à Mme Freeland lors d’un webinaire sur le budget. M. Kelly dit avoir quitté la rencontre en estimant que la ministre des Finances avait pris note de leurs préoccupations.

Le budget ne prévoit pas prolonger les programmes de prestations d’urgence qui prendront fin le 7 mai, mais Mme Freeland a déclaré aux participants du webinaire les avoir entendus lorsqu’elle a été questionnée sur l’allégement de la dette, invitant plus tard à poursuivre les discussions.

Les membres de la FCEI ont en moyenne contracté 160 000 $ de dettes liées à la pandémie, dont environ 60 000 $ provenant d’un programme de prêts du fédéral.

Le gouvernement a fixé à décembre 2023 la date limite pour rembourser ces prêts sans intérêts et pour bénéficier d’une radiation partielle. Toutefois, de nombreux propriétaires de petites entreprises estiment qu’ils auront besoin d’une prolongation jusqu’à 2024 pour finir de rembourser.

« Oui, les rues sont à nouveau plus fréquentées, oui, les principaux indicateurs économiques sont positifs, mais il y a des tas et des tas de petites entreprises _ en particulier dans le commerce de détail, l’hôtellerie, le secteur des services et les arts et spectacles _ qui ne tiennent plus qu’à un fil et sont maintenant plus endettées », a déclaré M. Kelly en entrevue.

« Il y avait d’énormes quantités de nouvelles dépenses sur presque toutes les lignes du budget (fédéral), et pourtant, pour tout type de soutien aux entreprises, c’était assez mince. »

Il avance qu’environ les trois quarts des membres de la FCEI ont déclaré qu’ils ne trouvaient pas le budget fédéral utile, alors qu’il ne comporte aucune mesure sur l’allégement de la dette et ne propose aucune réduction des frais de carte de crédit pour les PME.

Sur ce dernier point, le budget promet de poursuivre les consultations promises dans le budget de l’an dernier, qui s’appuyaient sur une promesse électorale des libéraux en 2019.

« J’adorerais pouvoir satisfaire tout ce que vous aimeriez voir le gouvernement fédéral faire, mais je reconnais que je ne le fais pas et que je ne le ferai jamais », a déclaré la ministre Freeland aux membres de la FCEI.

« Ce que je vais vous dire, c’est que je suis toujours attentive lors de l’élaboration du budget. Lors de déploiement de politiques, je porte attention à ce qu’elles signifieront pour les petites entreprises. »

Un élément positif que M. Kelly a noté dans le budget est la promesse d’augmenter la limite pour que les petites entreprises bénéficient d’un taux d’imposition inférieur, ce qui, selon lui, devrait éliminer des obstacles à la croissance des PME.

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