Pour ceux et celles qui l’auraient déjà oublié, l’été actuel, exception faite des deux dernières semaines, a été particulièrement pluvieux. Et la pluie ne fait généralement pas l’affaire des producteurs de tourbe.

Contacté la semaine dernière, Alain Hébert, de Tourbière péninsule, n’était guère enchanté des caprices de dame nature. L’homme d’affaires, qui possède une tourbière à Tabusintac, disait alors qu’il «pleuvait tous les deux ou trois jours», ce qui entravait sa récolte. «La ressource n’est pas perdue, avait-il assuré, mais on a perdu des journées de production.»

Depuis, le beau temps s’est installé, et mercredi ses propos étaient un peu plus nuancés: «Ça commence à être mieux, mais on n’a pas beaucoup de jours de récolte consécutifs.»

Chez Sun-grow Horticulture, un géant de l’industrie qui exploite trois tourbières dans le Nord-Est du N.-B. (Lamèque, Inkerman et Burnt Church), on subit les mêmes contraintes. Derek Fee, responsable des communications de la société à Toronto, admet que l’été en partie maussade a nui aux activités de Sun-Grow dans la Péninsule, mais aujourd’hui (mercredi), s’empresse-t-il d’ajouter, notre production tourne à son maximum.

Du côté de Jiffy Products, à Shippagan, la production du mois dernier est en net recul sur celle de l’an passé. Selon Ian Therrien, gérant de la production à l’usine de Pokemouche, la compagnie qui possède une tourbière à Losier Settlement, ne marquera pas juin 2022 d’une pierre blanche. Procéder à la récolte a été «difficile», et la tendance s’est poursuivie durant la première moitié de juillet.

Pour Ian Therrien, gérant de production chez Jiffy Products, l’industrie de la tourbe vit une période exceptionnelle.

M. Therrien estime qu’à ce jour le retard de production en 2022 excède les 50%, mais comme la saison commence en juin et s’achève généralement vers la fin septembre, tout n’est pas perdu.

«Depuis la mi-juillet, on s’est rattrapé, constate-t-il, mais c’est au début d’août qu’on verra si on peut se rattraper.»

Depuis la pandémie, la demande pour la tourbe s’est grandement accrue.

«En 2020, nos inventaires étaient élevés, mais aujourd’hui les réserves baissent.»

Et il en va ainsi chez les autres producteurs, précise-t-il.

Luc Robichaud, responsable de la tourbe chez Jiffy, explique que pour s’approvisionner, l’usine compte sur ses installations de Losier Settlement et sur une tourbière à Laketon, dans la région de Baie-Sainte-Anne, qu’elle détient en copropriété avec Scott. Les petites tourbières locales figurent aussi parmi ses fournisseurs.

Des inventaires qui s’amenuisent, une saison pluvieuse, un baril du pétrole qui s’emballe: voilà autant de facteurs qui se répercutent sur les coûts de production, dit encore M. Therrien. Et la rareté de la main-d’œuvre vient encore ajouter aux difficultés de l’industrie, ajoute-t-il.

L’usine Jiffy de Pokemouche produit des pots, des pastilles pour semences et un mélange (mixte) comprenant de la tourbe, qui sont commercialisés entre autres par Canadian Tire et Wall-Mart.

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