Des centaines de citoyens en deuil ont bordé les rues de Londres dans un silence respectueux, lundi, pendant qu’un cortège composé de militaires et de la famille de la reine Élisabeth II suivait son cercueil dans la capitale britannique, à l’issue de ses funérailles d’État.

En sortant de l’abbaye historique de Westminster, le fils de la reine, le roi Charles III, ses autres enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants ont accompagné le cercueil, qui se rendra jusqu’au château de Windsor, où la reine sera inhumée dans la chapelle Saint-George.

Une foule immense avait tenu à voir passer le cortège dans les rues, dont beaucoup avaient campé pendant des jours pour avoir une chance d’apercevoir le cercueil couronné de la souveraine qui a régné le plus longtemps au Royaume-Uni.

Des membres de la police montée de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) se trouvaient près de l’avant du cortège, qui comprenait également des militaires du Canada et d’autres pays du Commonwealth. Des parents de la souveraine qui ont été militaires faisaient aussi partie du cortège, en uniforme.

Le cortège s’est lentement frayé un chemin devant les principaux monuments de Londres, dont le palais de Buckingham, où la reine a vécu tout au long de son règne. Des cloches ont retenti dans les rues qui étaient pour la plupart silencieuses, à part les bruits du cortège funèbre.

Plus loin, au-delà des barricades, une salve retentissante provenant de Hyde Park résonnait dans les rues, tandis que le son lointain d’un orchestre militaire arrivait aux oreilles de ceux qui se pressaient pour trouver un moyen d’entrer ou de se rassembler autour d’écrans installés sur les places publiques.

Photo: AP

Des Canadiens décorés

Le premier ministre Justin Trudeau et son épouse, Sophie Grégoire Trudeau, menaient la délégation canadienne qui avait été dirigée dans l’abbaye de Westminster dans les heures qui ont précédé le début des funérailles. Ils étaient assis quelques rangées derrière la gouverneure générale, Mary Simon. Mme Simon et son époux sont les deux membres de la délégation canadienne qui étaient assis les plus près du roi Charles III et d’autres membres de la famille royale.

Un cortège de Canadiens décorés, dont ceux qui ont été décorés de la Croix de Victoria, de la Croix de George et de l’Ordre de chevalerie avaient été invités. Le musicien Gregory Charles, l’actrice Sandra Oh et le médaillé olympique Mark Tewksbury étaient notamment présents près de la tête du cortège.

La délégation canadienne comprenait également les anciens gouverneurs généraux Michaëlle Jean et David Johnston, ainsi que les anciens premiers ministres Kim Campbell, Jean Chrétien, Paul Martin et Stephen Harper.

Ces premières funérailles d’État du Royaume-Uni depuis celles de Winston Churchill ont été spectaculaires: comme le veut la tradition, 142 soldats de la Marine royale ont tiré l’affût de canon transportant le cercueil d’Élisabeth jusqu’à l’abbaye de Westminster, avec le roi Charles III et ses fils, les princes William et Harry, marchant derrière, au son des cornemuses. Des porteurs ont ensuite amené le cercueil dans l’abbaye, où étaient rassemblées environ 2000 personnes, allant des leaders mondiaux aux travailleurs de la santé. Avant le service, un glas a retenti gravement 96 fois – une fois par minute, pour chaque année de sa vie.

«Ici, où la reine Élisabeth a été mariée et couronnée, nous nous réunissons de partout au pays, du Commonwealth et des nations du monde, pour pleurer notre perte, pour nous souvenir de sa longue vie de service désintéressé et en toute confiance pour l’envoyer à la merci de Dieu notre créateur et rédempteur», a déclaré le doyen de l’abbaye médiévale, David Hoyle.

Dans son sermon, l’archevêque de Cantorbéry, Justin Welby, a rendu hommage au «service aimant» de la reine, à sa foi et à sa capacité à toucher des vies. Il a notamment cité une chanson de Vera Lynn de la Deuxième Guerre mondiale, «We’ll Meet Again», et a fait écho aux derniers mots du discours de 2020 de la reine à la nation pendant la pandémie de COVID-19: «Nous nous reverrons».

Plus tard, le roi Charles s’est tenu en silence pendant que la congrégation de 2000 personnes, y compris sa femme et sa famille, a entonné le «God Save the King».

Vers le château de Windsor

Les funérailles d’État marquent le point culminant de 10 jours d’hommages et de deuil après la mort de la reine, le 8 septembre, à l’âge de 96 ans.

Des dignitaires et des personnes en deuil ont afflué à Londres ces derniers jours pour rendre hommage à la souveraine qui a régné le plus longtemps au Royaume-Uni et au Canada.

Pour le dernier segment du cortège funèbre, la dépouille de la reine a été transférée dans un corbillard pour être conduite au château de Windsor, où elle sera enterrée à la chapelle Saint-Georges aux côtés du prince Philip, qui a été son mari pendant près de 74 ans.

Sa mort a provoqué une vague de chagrin et d’affection dans le monde entier. À Londres, un parc près du palais de Buckingham a été recouvert de bouquets de fleurs. Des milliers de personnes ont aussi attendu jusqu’à 24 heures en file pour avoir la chance de voir le cercueil de la reine en chapelle ardente à Westminster Hall.

Tim Thompson de Fredericton a installé une tente sur la route bordée de drapeaux menant au palais de Buckingham tôt dimanche matin pour s’assurer d’avoir une bonne vue.

En tant que membre militaire du Cadre des instructeurs de cadets, il a dit que cela valait la peine de passer une nuit dans le froid afin de rendre hommage à la commandante en chef et chef d’État du Canada.

M. Thompson, qui a également fait la queue pendant 13 heures pour aller voir la reine en chapelle ardente dans les derniers jours, a déclaré qu’il ressentait des émotions mitigées par rapport aux funérailles. Bien que l’événement soit triste, il s’est dit fier et heureux de voir différentes nations se réunir pour pleurer la reine.

«Nous avons un chagrin commun que nous traversons, donc c’est agréable de voir cette camaraderie entre les Canadiens, les Australiens et les Britanniques», a-t-il déclaré en entrevue.

Evert McLaughlin, originaire de Toronto mais vivant à Londres, a dit que c’était «surréaliste» de vivre un moment aussi important. «Je pense qu’elle compte encore beaucoup pour beaucoup de Canadiens», a-t-il soutenu.

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