Lorsque Addy Bhatia a été mis à pied par Wealthsimple en juin, il a réussi à payer ses comptes en s’appuyant sur des stratégies qui lui ont déjà permis de survivre à quatre mises à pied lors des deux années précédentes.

Tout d’abord, le technicien de Toronto a annulé un voyage imminent en Inde et a réduit ses achats. Ensuite, il a examiné ses économies et vendu ses actions pour éviter la volatilité du marché, tout en se donnant pour objectif de trouver un nouvel emploi à la fin de son indemnité de départ.

«J’ai un bon salaire dans le domaine de la technologie, donc je n’ai pas souvent eu à me soucier de l’argent, mais dans ce cas, il s’agissait de tirer le maximum de mes économies, a-t-il expliqué. Je faisais de plus en plus attention à l’utilisation de mon argent.»

M. Bhatia, qui a trouvé un nouvel emploi en juillet, recommande de telles mesures aux milliers de travailleurs technologiques canadiens de Shopify, Clearco et Hootsuite qui ont perdu leur emploi ces derniers mois, alors que l’exubérance décroissante des investisseurs et les baisses de valorisations se font plus courantes.

Statistique Canada a fait état d’une hausse du taux de chômage canadien à 5,4 % en août, alors que l’économie éliminait 40 000 emplois, enregistrant un troisième mois consécutif de pertes d’emplois.

Selon Jessica Moorhouse, éducatrice financière et animatrice du podcast More Money, la pire chose à faire pour ses finances dans la foulée d’une perte d’emploi est d’éviter d’y réfléchir.

«La première chose qu’on veut faire (…) c’est juste de se cacher sous ses couvertures et de se dire « je m’occuperai de ça plus tard », mais la meilleure chose à faire est de mettre (cette impulsion) de côté jusqu’à ce qu’on ait organisé quelques trucs importants», recommande-t-elle.

Étudier l’indemnité de départ 

Mme Moorhouse recommande de commencer par se concentrer sur toute indemnité de départ accordée par l’ancien employeur.

Déterminer combien d’argent sera reçu, jusqu’à quel moment, est crucial pour comprendre ses nouveaux moyens financiers, tout comme savoir combien de temps dureront les prestations de soins de santé et de soins dentaires.

De nombreux employeurs offriront des avantages pendant quelques semaines ou quelques mois après la dernière journée travaillée, c’est donc une bonne idée d’en profiter pendant qu’on le peut, estime Mme Moorhouse.

M. Bhatia fait écho à cette suggestion et ajoute qu’il n’y a pas que les prestations de santé auxquelles les travailleurs peuvent souvent accéder pendant la période suivant leur départ. Il a pu utiliser des fonds accumulés pour l’éducation et le bien-être pour couvrir des frais de thérapie et obtenir de l’aide avec la maîtrise en ingénierie qu’il envisage de poursuivre.

Mme Moorhouse conseille également aux personnes admissibles de demander une prestation d’assurance-emploi dès qu’elles perdent leur emploi, car le traitement de cette demande peut prendre beaucoup de temps pour le gouvernement.

Pendant que les gens attendent les prestations d’assurance-emploi et commencent leur recherche d’emploi, elle leur recommande de repenser leur stratégie financière, afin qu’ils se concentrent sur le maintien des flux de trésorerie et mettent de côté les objectifs d’épargne, si nécessaire.

«Si la poursuite de ma cotisation de 200 $ à mon régime enregistré d’épargne-retraite (REER) fait en sorte qu’on n’a pas grand-chose à manger ou qu’on n’a pas assez d’argent pour le loyer, mieux vaut mettre ces investissements et tout autre type d’objectifs d’épargne (…) sur pause maintenant», affirme-t-elle.

Couper les dépenses non essentielles 

C’est aussi un bon moment pour réduire ou couper les dépenses sur tout ce qui est agréable à avoir, mais pas essentiel, comme les services de vidéo sur demande.

«Une fois qu’on a un emploi rémunéré, on peut enfin se réabonner, mais pour le moment, on doit vivre avec moins, afin d’être moins stressés par ses finances», explique Mme Moorhouse.

Erin Bury, aujourd’hui cheffe de la direction de la société de testaments en ligne Willful, a utilisé cette stratégie lorsqu’elle a été mise à pied par une société de médias en 2013. Elle avait des économies et a reçu une indemnité de départ, mais n’avait pas de fonds d’urgence, alors elle a dû trouver des moyens pour réduire ses dépenses.

«J’étais une grande lectrice, mais j’aimais acheter des livres, illustre-t-elle. Je me souviens de m’être abonnée à la bibliothèque.»

Elle a également fait connaître ses nouvelles attentes à ses proches pour aider à respecter son budget.

«J’ai dit à mes amis, « écoutez, nous sommes dans la mi-vingtaine, nous adorons sortir prendre un verre et sortir en boîte, mais je vais être quelqu’un qui va probablement vous demander de faire des choses plus abordables dans les prochains mois parce que je n’ai pas de travail en ce moment et que j’essaie de tenir le plus longtemps possible avec mon argent »», raconte-t-elle.

Mme Bury a finalement trouvé un nouvel emploi, mais sa mise à pied lui a appris l’importance d’un budget et l’a aidée à réévaluer sa carrière. Elle considère désormais les mises à pied comme des rites de passage auquel la plupart des gens seront confrontés tôt ou tard, et recommande aux autres à les voir comme une chance de repartir à neuf et de se recentrer sur ses objectifs.

«On se sent vraiment mal sur le coup, mais quand on regarde en arrière, c’est souvent un catalyseur ou une source d’inspiration dont les gens ont besoin pour faire quelque chose différemment», estime-t-elle.

«En fait, cela peut être moins stressant si on le recadre comme une occasion (…) qui propulse sa carrière vers l’avant.»

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