Rester dans la famille

Le gouvernement de Shawn Graham s’est retrouvé brièvement dans l’eau chaude, la semaine dernière, quand il a été révélé qu’un contrat du ministère du Tourisme a été accordé à une firme de communications proche des libéraux.
Rapidement, la controverse s’est dégonflée quand nous avons appris que l’Association de l’industrie touristique du N.-B. a supervisé le processus et que son président a confirmé que les critères et les normes de sélection établis avaient été suivis.
Malgré tout, l’opposition conservatrice reste sceptique, et nous ne pouvons pas la blâmer. En effet, une tendance semble se dégager chez les libéraux, qui ne se gênent pas pour accorder emplois et contrats à des proches.
Par exemple, à peine arrivé à la tête du ministère de la Justice, Michael Murphy a nommé son cousin, David Barry, à la présidence de la Commission des valeurs mobilières du Nouveau-Brunswick. Quelques mois auparavant, le beau-père et associé du ministre T.J. Burke, Ronald Gaffney, avait été nommé président du tribunal d’appel de Travail sécuritaire NB.
Sans compter d’autres nominations partisanes, telles que celle de l’ancien député Eric Allaby, embauché à fort prix pour dénicher un entrepreneur qui acceptera de gérer les traversiers de Gagetown et de Belleisle Bay.
Le premier ministre Shawn Graham a pris l’habitude de répondre aux questions à ce sujet en disant que les personnes embauchées sont compétentes et qu’il ne peut leur refuser un emploi sous le seul prétexte qu’elles sont libérales.
Une réponse qui se défend. Sauf qu’à force de presser le citron, on finit par en extraire de mauvaises surprises. C’est ainsi que le président d’Alcool NB, Dana Clendenning, se retrouve ces jours-ci accusé en cour d’avoir voulu marchander ses liens avec le pouvoir auprès d’un homme d’affaires de Fredericton. Avant d’être nommé à la tête d’Alcool NB, M. Clendenning était directeur général du Parti libéral…
Le favoritisme est une plaie dans nos systèmes politiques. Il mine la confiance des citoyens envers leurs institutions. Si le scandale des commandites nous a appris une chose, c’est que le favoritisme peut mener vers la corruption.
Nous ne sommes pas dans une monarchie absolue. Le pouvoir n’est pas censé se partager qu’avec la famille et les amis.

Fausse route

Les voitures des Néo-Brunswickois seront bientôt équipées de nouvelles plaques d’immatriculation. Ainsi en a décidé le gouvernement provincial, qui désire un nouveau design, ainsi que l’ajout sur celles-ci de son slogan Être… ici on le peut.
Il n’y a rien de mal à changer l’allure de nos bonnes vieilles plaques d’immatriculation. Elles ont été modifiées des dizaines de fois au cours des décennies. Pourtant, dans ce cas-ci, le gouvernement fait fausse route.
Le slogan, Être… ici on le peut, ne devrait pas se retrouver sur nos plaques. Tout d’abord, parce qu’il n’est pas rassembleur. Ce n’est pas le slogan du Nouveau-Brunswick ou des Néo-Brunswickois, mais bien le slogan du gouvernement libéral de Shawn Graham. Un slogan qui disparaîtra le jour où il perdra le pouvoir.
Ce slogan a échoué à marquer l’imaginaire des gens. Personne ne sait trop ce qu’il signifie, ou en quoi il représente le Nouveau-Brunswick.
Les plaques d’immatriculation sont une sorte de carte de visite ambulante pour notre province. Or, essayez donc de trouver un endroit en Amérique où on ne peut pas «Être».
Si le gouvernement Graham tenait tant que ça à laisser sa marque jusque sur nos véhicules, il n’avait qu’à écrire En route vers l’autosuffisance. Au moins, cela aurait le mérite d’être plus clair…