La bonne performance

Malgré des moyens plus modestes que bien d’autres provinces, le système de santé au Nouveau-Brunswick est l’un des plus performants au Canada, du moins en ce qui a trait aux soins de base. Ça ne veut pas dire que la population de la province jouit d’une meilleure santé, cependant. Mais au moins, il est rassurant de savoir que si on en a besoin, notre système de santé s’occupera de nous.
Nous avons fait état plus tôt cette semaine de la statistique relative au nombre de médecins par 100 000 habitants: le Nouveau-Brunswick en compte 99, un de plus que la moyenne nationale qui est de 98 médecins par 100 000 habitants.
L’étude de l’Institut canadien d’information sur la santé traitant des expériences vécues en soins primaires, publiée hier, donne peut-être un portrait plus clair de ce que ça implique. En 2007, 92 % des personnes de plus de 12 ans au Nouveau-Brunswick avaient un médecin habituel qu’ils consultent au besoin; au Canada, la moyenne est de
85 %. Seul petit hic, c’est une baisse d’un pour cent par rapport à 2005. Seulement au Manitoba et en Saskatchewan a-t-on vu le pourcentage augmenter de 2005 à 2007, partout ailleurs, la tendance est à la diminution.
Autre statistique rassurante sur notre système de santé: c’est au Nouveau-Brunswick où la plus forte proportion des patients ont la même source habituelle de soin, leur médecin de famille, depuis au moins cinq ans. On peut être ainsi en confiance.
Par contre, on ne peut pas dire que les gens du Nouveau-Brunswick sont en très bonne santé. Tant l’étude sur les expériences vécues que celle publiée plus tôt cette année sur les indicateurs de santé au Canada démontrent que les Néo-Brunswickois sont affligés de problèmes de santé assez sérieux.
Haute tension, taux élevé de réadmission après une crise cardiaque, taux élevé d’hospitalisation pour des maladies chroniques, nous menons ou nous sommes près des meneurs au chapitre de ces tristes statistiques. Il y a donc la question de se prendre en main. La combinaison d’indicateurs comme une faible consommation de fruits et de légumes, d’activités physiques insuffisantes, d’abus d’alcool et de tabagisme, où nous faisons également partie du peloton de tête, témoigne non seulement des indications de nos mauvaises habitudes de vie, mais aussi du fait que nous nous en remettons probablement trop à l’efficacité de notre système de soin de santé. Au cours des ans, les statistiques s’améliorent, mais les citoyens de plusieurs autres provinces ont opté plus massivement et plus rapidement pour des pratiques de vie plus responsables et plus saines.
Quand ce sont les politiciens qui nous disent que nous abusons du système, nous avons tendance à nous méfier. Nous prétendons ou nous pensons que c’est une façon de justifier leur incapacité à financer et à opérer adéquatement le système de soin de santé.
Mais quand on compare les données qui ont été compilées par des professionnels de la santé et des experts en statistiques au-delà de tout soupçon, il est clair que si le Nouveau-Brunswick arrive à donner à ses citoyens des services de qualité, en retour, nous ne prenons pas collectivement tous les moyens qu’il faut pour nous maintenir en santé, et par conséquent, nous créons une pression additionnelle, pour ne pas dire inutile, sur le système de santé que nous critiquons assez facilement.