Solutions recherchées

Le gouvernement Graham a repoussé aux calendes grecques l’établissement de cliniques privées de diagnostic en santé. Une décision pas si surprenante quand on s’y attarde un peu.
Dès leur arrivée au pouvoir, en 2006, les libéraux ont exprimé, par la bouche du ministre de la Santé d’alors, Michael Murphy, leur vo­lonté d’accorder une plus grande place au secteur privé dans le sys­tème de santé néo-brunswickois.
M. Murphy proposait des changements importants. Il souhaitait notamment pouvoir louer les salles d’opération au privé pendant les heures où elles ne sont pas utilisées. Il avait aussi proposé l’établissement de cliniques de santé privées.
Bref, le ministre affirmait être prêt à bousculer quelques vaches sacrées au passage, mais en le faisant de façon responsable.
Il y a environ un an, Michael Murphy affirmait se préparer à déterminer la place du privé dans le réseau de soins de santé.
Rien de tout cela n’est survenu.
Le premier ministre Shawn Graham blâme la crise économique pour justifier cette décision. Mais le malaise est sans doute plus profond, et va au-delà de la contestation à laquelle faisait face Michael Murphy.
L’administration Graham peine à remplir les attentes énormes qu’elle a créées sur les fronts de l’autosuffisance, de l’éducation postsecondaire, des soins de santé, de la gouvernance locale, etc.
Le cimetière des grands chantiers promis par l’administration Graham, mais qui n’ont pas rempli les attentes, commence à manquer de place.
L’Acadie NOUVELLE s’oppose à ce que le privé entre dans les hôpitaux pour des raisons idéologiques ou strictement financières. Le principe d’universalité des soins doit primer. Mais il ne faut pas oublier que notre système, malgré ses forces (les médecins néo-brunswickois sont parmi les plus accessibles au pays), continue de faire face à de grands défis, le finan­cement n’étant pas le moindre.
Il ne faut pas, au nom de la crise économique, remettre à demain des décisions difficiles comme celle d’inclure le privé en santé. Il est possible d’agir en ce sens sans créer un système à deux vitesses, à condition, bien sûr, de ne jamais perdre de vue des objectifs com­me la qualité des soins et le désen­gorgement des listes d’attente.

La politique au féminin

L’organisme À Voix Égales, déjà présent dans la moitié des provinces du pays, s’implante au Nouveau-Brunswick et nous rappelle à quel point la politique néo-brunswickoise est un monde d’hommes.
Il n’y a que sept femmes élues à l’Assemblée législative, dont une seule ministre. Nous sommes loin du gouvernement du Québec, qui comptait jusqu’à tout récemment autant d’hommes que de femmes au Cabinet.
Des experts de tout acabit cherchent depuis longtemps à comprendre pourquoi si peu de femmes deviennent politiciennes, et ce qu’il faut faire pour augmenter leur présence.
Il est possible de faire mieux. D’autres juridictions l’ont fait. Mais comme dans tous les domaines, c’est une question de priorités. Par exemple, des milliers de femmes n’ont obtenu le droit à la parité salariale que lorsque les gouvernements ont enfin compris (parfois à coups de décisions de tribunaux…) que c’était important et qu’il fallait agir.
Pour chaque Mary Schryer, Madeleine Dubé, Rose-May Poirier, Carmel Robichaud, Joan MacAlpine-Stiles, Cheryl Lavoie, et Margaret-Ann Blaney, combien de femmes ne réussissent pas à se tailler une place au sein de ce boy’s club qu’est la politique?
Les partis politiques doivent faire plus d’efforts pour recruter des femmes.
Le Nouveau-Brunswick est une province trop petite pour que nous puissions nous priver de l’expertise de la moitié de notre population.