En attendant la reprise

La récession est terminée au Canada! Ce n’est pas nous qui l’affirmons, mais bien la Banque du Canada. Toutefois, soyons patients avant de sabler le champagne. L’institution prévoit aussi que la reprise économique sera lente, et surtout fragile.
La Banque du Canada prévoyait que la récession prendrait fin vers la fin de l’année. L’économie reprend donc du poil de la bête plus rapidement que prévu. C’est une bonne nouvelle pour les travailleurs, les commerçants et les gouvernements.
Il sera particulièrement intéressant de suivre l’état des finances publiques au cours des prochains mois. Tant les gouvernements du Nouveau-Brunswick que celui du Canada se sont enfoncés dans le rouge depuis le début de la crise économique. Les revenus sont à la baisse. Pendant ce temps, les dépenses augmentent, notamment en raison de la hausse du chômage, mais aussi parce que les gouvernements ont dépensé massivement dans des programmes d’infrastructures. L’objectif était de sortir le pays ra­pidement de la crise économique.
Cette façon d’agir a un prix. Après seulement deux mois écoulés dans son exercice financier 2009-2010, le fédéral affiche un déficit budgétaire de 7,5 milliards $. À ce rythme, le Canada terminera l’année avec un déficit qui frôlera les 50 milliards $. Le retour aux surplus budgétaires, prévu en 2014, semble plus hypothétique que jamais.
À une échelle différente, la situation de Fredericton ressemble un peu à celle d’Ottawa. Pendant que le gouvernement Graham diminue les impôts, des rumeurs font état que le déficit provincial pourrait dépasser le milliard de dollars cette année (le budget prévoyait plus de 700 millions $). Au ministère des Finances, on préfère désormais garder le silence à ce sujet. Et là aussi, on semble croire que la fin de la récession coïncidera comme par magie avec le retour des surplus budgétaires.
Des élections fédérales seront sans doute déclenchées cet automne, alors que les Néo-Brunswickois seront appelés à se donner un nouveau gouvernement en septembre 2010. D’ici là, tant les gouvernements en place que les partis de l’opposition ont la responsabilité de nous dire ce qu’ils proposent pour nous sortir du bourbier.
Nous ne pourrons pas porter des lunettes roses pendant encore longtemps. Si la récession et les mégadéficits du début des années 1990 nous ont appris quelque chose, c’est que de douloureux sacrifices seront nécessaires pour remettre tant le N.-B. que le Canada financièrement sur pied.

Ode à Ode

On ne le réalise pas toujours, mais ce que les créateurs et les artisans d’Ode à l’Acadie continuent d’accomplir est du domaine de l’exceptionnel.

Jour après jour, été après été, la troupe d’Ode à l’Acadie continue de remplir la salle de spectacle de l’église de Grande-Anse, parfois deux fois par jour. Plus de 100 000 personnes ont vu les trois moutures du spectacle de la troupe depuis six ans. Et ça continue.
En Acadie, les spectacles s’articulent surtout autour des organismes culturels, des lieux touristiques, des municipalités et, bien sûr, des festivals. La plupart des événements culturels ne durent qu’une ou deux représentations, sauf dans le cas des pièces de théâtre qui s’étendent généralement sur une saison. Rares sont les spectacles qui, comme Ode à l’Acadie et L’Acadie des terres et forêts en fête! (à Edmundston), parviennent à se renouveler et à résister à l’usure du temps.
Exceller et durer, tout en se renouvelant. L’exploit d’Ode à l’Acadie et de L’Acadie des terres et forêts en fête! mérite d’être souligné.