La voie souhaitée

Dans quelques semaines, il y aura trois ans que le chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, Shawn Graham, annonçait en campagne électorale qu’un gouvernement sous sa gouverne investirait 100 millions de dollars pour le développement du Nord. Hier et aujourd’hui, la presse fait état d’un plan de développement du Nord qui sera annoncé cet automne, tout juste un an avant les prochaines élections.
Il n’y a pas de doute qu’un plan de développement économique bien structuré, financé adéquatement, redonnerait espoir à toute une région durement frappée par une série de fermetures s’étalant de Miramichi à Edmundston, en passant par Bathurst et Dalhousie.
Le gouvernement a annoncé tôt dans son mandat qu’il mettait en place l’Initiative de développement du Nord, dotée d’une enveloppe budgétaire de 100 millions de dollars. La somme annoncée en campagne électorale était restée collée à la mémoire collective. Ça ne pouvait être moins, tellement les 100 millions annoncés avaient fasciné l’électorat du Nord. Et pour cause. On ne se rappelait pas d’un parti ayant annoncé une somme aussi importante pour le nord de la province.
Six mois plus tard, au début 2007, le groupe de travail sur l’autosuffisance déposait son premier rapport qui campait le développement à venir de la province dans sept réalités, sept défis que devait affronter le Nouveau-Brunswick pour arriver à l’autosuffisance dans vingt ans. C’est quelques semaines plus tard que le groupe de travail enflammait le débat public sur les perspectives de développement en avançant qu’il ne pouvait que se faire en étant centré sur les grands centres urbains de la province. Depuis ce temps, la notion de développement du nord de la province n’a jamais pu être ni ouvertement débattue, ni clairement définie.
Cette fois, cependant, le plan pourrait coller aux réalités de la région, et il pourrait aussi accompagner les gens d’affaires à une relance mieux structurée de l’économie régionale: le plan d’action est élaboré avec l’étroite collaboration du Conseil économique du Nouveau-Brunswick et du Conseil d’entreprises du Nouveau-Brunswick. Si ces deux organismes ont été efficaces à l’organisation du débat parmi leurs membres pour arriver à une vision commune du développement économique de la région, nous devrions découvrir cet automne un plan d’action qu’endosseront tant la communauté des gens d’affaires que, par effet d’entraînement, les municipalités du nord de la province.
En parlant de cette coopération avec le secteur privé, le ministre responsable de l’Initiative de développement du Nord, Donald Arseneault, a parlé de «notre détermination à faire des investissements stratégiques» dans le Nord.
Depuis quelques années, nous avons plusieurs fois suggéré au gouvernement provincial, tant celui de M. Graham que celui de M. Lord, de faire confiance aux gens d’affaires de chez nous pour créer des opportunités de croissance durable, en travaillant avec eux pour élaborer une stratégie de développement économique et en mettant à leur disposition les leviers qu’ils considèrent essentiels à la réussite de cette stratégie. Il semble que c’est ce qui est en train de se faire.
Nous ne pouvons juger le plan d’action avant de le connaître. Toutefois, nous croyons que l’approche retenue cette fois pour élaborer la stratégie de développement est la bonne. C’est d’ailleurs celle qui aurait dû être empruntée il y a deux ans et demi.