L’importance de bons candidats

Ça bouge ces jours-ci dans le monde municipal au Nouveau-Brunswick. Plusieurs citoyens – et pas les derniers venus – annoncent déjà leur intention de se porter candidats aux élections du 14 mai. Nous en sortirons tous gagnants.

Élections NB n’accepte les candidatures aux postes de maire, conseiller municipal, conseiller d’éducation de district et représentant au sein des régies de la santé qu’à partir du 24 mars. C’est donc dire que pour l’instant il n’y a aucun candidat officiel, seulement des gens déterminés à se présenter ou qui sont en période de réflexion.

Cela n’empêche pas de constater un intérêt grandissant pour le poste de maire au sein de certaines municipalités. Au cours des dernières semaines, plusieurs citoyens ont d’ailleurs choisi l’Acadie Nouvelle pour faire part de leurs intentions.

À Dieppe, ville francophone la plus populeuse au Nouveau-Brunswick, le maire, Jean LeBlanc, a déjà annoncé qu’il ne sera pas de retour. Qu’à cela ne tienne, deux anciens maires, Yvon Lapierre et Achille Maillet, ont confirmé réfléchir à la possibilité d’offrir de nouveau leurs services. Ils ne sont pas les seuls. Les conseillers municipaux Paul Belliveau, Hélène Boudreau et Dave Maltais ont tous laissé entendre à un moment ou l’autre qu’ils sont intéressés à la mairie. Aucune de ces candidatures, rappelons-le, n’est officielle. Et d’autres noms peuvent s’ajouter. Mais la lutte s’annonce déjà passionnante.

Plus au Nord, à Bathurst, le premier élu de la municipalité, Stephen Brunet, veut tenter de devenir le premier maire à être élu une troisième fois de suite à la tête de la municipalité. Il risque de retrouver sur son chemin la conseillère Anne-Marie Gammon, une francophone qui a toutes les qualités pour occuper avec brio ce poste important.

À Caraquet, pour la première fois depuis belle lurette, deux candidats de fort calibre devraient s’affronter, soit le maire sortant, Antoine Landry, et Clarence LeBreton. D’autres pourraient s’ajouter. Et pendant qu’à Maisonnette un maire sortant âgé de 76 ans et un jeune homme âgé de 19 ans sont déjà en campagne, on note qu’à Grand-Sault, au moins deux conseillers (Richard Kelley et Denise Rioux-Lagacé) réfléchissent à l’idée d’affronter le maire sortant, Marcel Deschênes.

Cet éditorial ne se veut pas un résumé complet de la situation des élections municipales au Nouveau-Brunswick. Le portrait a d’ailleurs amplement le temps de changer d’ici le printemps.

Mais surtout, ces luttes qui s’annoncent des plus intéressantes, mais qui pourraient aussi ne pas l’être du tout, ne peuvent faire oublier qu’à moins d’un renversement complet de la situation, de nombreux postes électifs seront encore une fois pourvus par acclamation. Au Nouveau-Brunswick, les villes et villages où les candidats courent les rues sont l’exception plutôt que la norme.

En effet, le Rapport du directeur des élections municipales de mai 2008 révèle que 53 maires ont été élus par acclamation, contre 51 qui ont vaincu un ou plusieurs adversaires. Vous avez bien lu. Une majorité de maires ont été élus sans faire face à aucune forme d’opposition.

Les prochaines élections approchent à grands pas, et nous invitons les forces vives des communautés néo-brunswickoises à ne pas hésiter à se lancer dans l’arène politique. Les électeurs méritent plus qu’un maire ou un conseiller élu par défaut.

C’est surtout vrai du fait que le gouvernement provincial a annoncé qu’il réformera la gouvernance locale. Les villes et villages d’une même région seront appelés à négocier, à s’entendre sur le coût de certains services régionaux, et peut-être même un jour à s’amalgamer. Il est clair que les localités avec à leur tête un conseil fort et dynamique partiront à ce moment là avec une avance sur les autres.