L’amorce d’un nouveau règne

Avec l’arrivée en juin du nouveau recteur de l’Université de Moncton, Raymond Théberge, un nouveau règne s’amorce. Le défi est grand, la mission est exaltante.

Le seul autre recteur né hors de la province à avoir occupé le poste de recteur a été Jean Cadieux. Mais au moment de sa nomination, il avait œuvré depuis tellement longtemps à l’université et en Acadie, qu’il était considéré comme un membre à part entière de la communauté.

Quant à lui, M. Théberge est un Franco-Manitobain. En tant que tel, on ne peut que supposer qu’il saisit bien les défis que pose la direction d’une université en milieu minoritaire. D’ailleurs, il a confié au journaliste Patrick Lacelle: «L’Acadie est tout à fait particulière dans sa réalité. Par contre, elle partage beaucoup d’éléments avec les autres communautés francophones en situation minoritaire et l’Université de Moncton doit répondre à ces défis.» (1)

M. Théberge s’amènera à l’Université de Moncton en juin avec un bagage professionnel diversifié. Depuis un certain temps sous-ministre adjoint à l’Éducation en français en Ontario, il a aussi assumé ces responsabilités au ministère de l’Éducation du Manitoba. Il n’en est pas à sa première expérience dans le monde universitaire, puisqu’il a été doyen de la Faculté de l’éducation de l’université francophone manitobaine, selon ce que rapportait lundi Radio-Canada Manitoba. (2) Il a étudié au niveau d’un doctorat en linguistique à l’Université McGill, il est titulaire d’une maîtrise en linguistique appliquée de l’Université d’Ottawa et d’un baccalauréat en histoire du Collège universitaire de Saint-Boniface. Actif en recherche, il compte une quarantaine de projets à ce chapitre; M. Théberge a aussi publié trois livres. Sur la scène internationale, il a participé à des activités de l’UNESCO, l’Organisation des Nations Unies sur l’éducation, et sur la scène nationale, il a assuré pendant quatre ans la direction générale du Conseil des ministres de l’Éducation du Canada.

Ce n’est pas très surprenant que le Conseil des gouverneurs de l’Université de Moncton ait choisi M. Théberge à l’unanimité. La candidate finaliste au poste, Marie-Josée Berger, doyenne de la Faculté de l’éducation de l’Université d’Ottawa, avait attiré l’attention du journal à propos d’une mauvaise note que lui avait donnée une organisation étudiante dans son évaluation des dirigeants de l’université de la capitale nationale. Étant donné toute la controverse sur le processus de sélection, le Conseil des gouverneurs n’avait sans doute pas le goût d’avoir à s’expliquer sur son choix, après que M. Théberge a obtenu l’aval tant des représentants des professeurs que des étudiants. Cela dit, le curriculum de M. Théberge, à lui seul, était un argument convaincant en faveur de sa candidature.

Sur la question de la possibilité de transformer l’Université de Moncton en établissement bilingue, en entrevue au Téléjournal Acadie, M. Théberge n’a laissé place à aucune équivoque. L’Université de Moncton est française et elle le restera.

Le recteur désigné est parfaitement conscient des défis financiers qui l’attendent à l’Université de Moncton, des défis qui ne semblent pas l’intimider. Il compte continuer à améliorer la qualité des programmes offerts par l’établissement.

Nous nous joignons à la communauté universitaire acadienne pour souhaiter la bienvenue à Monsieur Théberge et lui offrir nos vœux sincères de succès durant son règne de recteur à l’université acadienne.

(1) Voir l’article de lundi dans l’Acadie Nouvelle ou sur CapAcadie: http://www.capacadie.com/actualites/2012/4/14/jai-juste-hate-darriver-raymond-theberge

(2) L’article de Radio-Canada Manitoba sur la nomination de M. Théberge: http://www.radio-canada.ca/regions/manitoba/2012/04/16/003-raymond-theberge-recteur.shtml