Deux candidats, deux visions

Ils sont du même parti politique et ils visent le même objectif: devenir le prochain chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick. C’est ce que Brian Gallant et Michael Murphy veulent.

L’un, Michael Murphy est direct, décisif, et pragmatique. L’autre, Brian Gallant, s’est donné comme mission de changer le monde politique traditionnel et la manière de faire de la politique au Nouveau-Brunswick.

Dans le cas de M. Gallant, on le sent sensible et préoccupé par le cynisme qui a gagné l’électorat ces dernières années, tant au Nouveau-Brunswick qu’au Canada. Passionné de politique depuis plusieurs années malgré sa jeunesse, Brian Gallant voudrait redonner aux électeurs du Nouveau-Brunswick le goût de la politique, reconstituer la crédibilité du monde politique auprès de l’opinion publique. Pour ce faire, il mise sur la qualité des personnages politiques, et sur des motifs revus et corrigés pour ceux qui veulent se présenter en politique. Il voudrait voir des gens entrer en politique non pas pour des gains personnels, mais pour faire avancer des idées et des valeurs qui seront plus près des attentes des électeurs de la province. Tout au long de notre entretien avec Brian Gallant vendredi dernier, il a insisté sur le besoin immédiat de changer la mentalité de la classe politique au Nouveau-Brunswick.

Pour Brian Gallant, le changement de la culture politique est sa priorité. Sa deuxième est l’économie sur laquelle il compte se concentrer s’il devient chef de parti, et plus tard, premier ministre de la province. Sa troisième priorité est d’investir dans les gens du Nouveau-Brunswick et y développer de façon structurée l’économie du savoir. Il croit que si les électeurs du Nouveau-Brunswick constatent que le Parti libéral du Nouveau-Brunswick a changé, il est maintenant à l’écoute des citoyens de la province, les gens le reporteront au pouvoir. Là où la vision de M. Gallant est plus difficile à cerner, c’est sur le plan des moyens pratiques qu’il compte utiliser pour réaliser ses priorités. Son approche est pour le moment plus conceptuelle. Comme son concurrent à la direction du parti, Brian Gallant se désole de voir le Nouveau-Brunswick comme la seule province au pays où il n’y a pas eu de création d’emplois au cours des derniers mois.

Michael Murphy est profondément irrité de constater que le gouvernement Alward est à genoux devant son homologue fédéral, le gouvernement Harper. Il est convaincu que pour faire avancer le Nouveau-Brunswick il faudra un gouvernement provincial décidé à presser le gouvernement fédéral à mettre en œuvre des programmes et des fonds susceptibles de propulser l’économie de la province, y compris dans les régions rurales de la province. Il voudrait, par exemple, que le fédéral accorde au Nouveau-Brunswick des zones franches d’impôt, comme ça existe ailleurs au pays.

À notre rencontre éditoriale, M. Murphy s’est proclamé un rebelle dans le parti. Il souhaite ramener le parti vers la gauche, c’est-à-dire vers des valeurs et des programmes où on accorde plus d’importance à l’environnement (il veut faire adopter une charte environnementale), où on maintient des services d’hôpitaux et de bonnes écoles partout en province. Il veut aussi demander à la Société de gestion des placements du Nouveau-Brunswick d’investir davantage dans l’économie de la province. Actuellement, seulement 2 % des fonds gérés par la Société de gestion sont investis au Nouveau-Brunswick, une situation inacceptable aux yeux de M. Murphy. Il compte aussi forcer le gouvernement fédéral, s’il devenait premier ministre de la province, à débourser davantage du fonds d’innovation au Nouveau-Brunswick, qui semble actuellement la chasse gardée de l’Ontario et du Québec.

M. Gallant bénéficie de l’appui de la majorité du caucus actuel des députés libéraux à l’Assemblée législative. L’élection du nouveau chef au suffrage universel laisse cependant beaucoup d’espace aux candidats pour obtenir l’appui des partisans libéraux qui ont jusqu’au 26 septembre pour s’inscrire au vote.

Il appartient maintenant aux partisans libéraux de se préparer à choisir leur chef. La première décision qu’ils ont à prendre est de départager entre les candidats à la direction celui qui est le mieux préparé pour affronter le premier ministre Alward aux prochaines élections.