Qu’attendons-nous du nouveau chef libéral?

Brian Gallant a gagné haut la main l’appui des militants libéraux pour se hisser à la direction du Parti libéral du Nouveau-Brunswick. Il a devancé par plus de mille points (59,3 % du total) son plus proche rival, Michael Murphy, qui a récolté 38 % des points. Quant au troisième candidat, Nick Duivenvoorden, l’ancien maire de Belledune a accueilli les résultats avec sérénité, lui qui a amassé 151,7 points (2,75 %).

Brian Gallant prend les rênes du parti après que Victor Boudreau les a tenues depuis deux ans. Tant les militants libéraux que les gens de la presse au Nouveau-Brunswick estiment que M. Boudreau a abattu du bon travail comme chef par intérim. Au dernier sondage de Corporate Research, le Parti libéral du Nouveau-Brunswick recueillait 32 % (contre 39 % pour le parti au pouvoir, les conservateurs) des intentions de vote des électeurs de la province, une augmentation de 7 % par rapport aux 25 % qu’il obtenait au cours de l’hiver de 2011.

Alors que Michael Murphy a exposé des positions claires sur un ensemble de dossiers, tels le développement économique et la santé, pour ne mentionner que ceux-là, les politiques qu’adoptera le Parti libéral du Nouveau-Brunswick sous la direction de Brian Gallant restent à être connues: durant sa campagne, le nouveau chef est resté vague sur un train de mesures qu’un gouvernement sous sa direction prendrait. Ce n’est donc pas par son programme électoral que les militants libéraux ont été inspirés, mais plutôt sur ce qu’ils perçoivent comme étant ses qualités personnelles.

À la lumière des résultats qu’il a obtenus, Brian Gallant a démontré qu’il sait organiser une équipe gagnante. Travailler en équipe, respecter les membres de cette équipe et leur manifester une ouverture d’esprit ont été au cœur de son approche durant cette campagne à l’obtention de la direction du parti.

Pour combler l’écart de sept points qui sépare son parti de celui du premier ministre, Brian Gallant devra, tôt ou tard, élaborer un programme électoral qui inspirera les électeurs du Nouveau-Brunswick. Il devra aussi convaincre l’électorat de la province que ce programme est réalisable et qu’il améliorera sensiblement la situation économique et financière non seulement du gouvernement provincial, mais aussi et surtout celle des contribuables de la province.

En attendant de développer le programme électoral du Parti libéral, Brian Gallant n’offre pas de cibles précises sur lesquelles le Parti progressiste-conservateur peut l’attaquer. En ce sens, les positions relativement vagues qu’il a exprimées durant sa campagne pour la direction de son parti peuvent présenter l’avantage de le mettre à l’abri des attaques du parti au pouvoir. En se fiant aux agissements de son directeur général, qui a inscrit son chien pour voter en ligne au congrès de direction du Parti libéral, le Parti conservateur semble être prêt à tous les moyens pour discréditer son principal rival…

En se fiant à la façon dont il a mené sa campagne à la direction et à ses déclarations durant la campagne et le congrès, on peut s’attendre à ce que le nouveau programme politique du Parti libéral du Nouveau-Brunswick sera élaboré en y incluant un large éventail de points de vue et d’individus.

Si les mordus de la politique provinciale ont bien hâte de voir ce que le Parti libéral du Nouveau-Brunswick sous la direction du nouveau chef aura à proposer aux électeurs, d’un point de vue purement stratégique rien ne presse pour M. Gallant. Les élections sont dans deux ans. Il a tout le temps voulu pour échafauder sa plateforme politique.

En ce qui a trait à l’entrée du nouveau chef à l’Assemblée législative, il semble bien que Brian Gallant ne s’y précipitera pas. Il a indiqué qu’il allait probablement attendre que les délimitations des nouvelles circonscriptions électorales soient déterminées avant de choisir où il se présentera.

N’empêche que, même hors de la Chambre, les Néo-Brunswickois seront curieux de voir comment le nouveau chef du parti officiel de l’opposition jaugera et jugera les accomplissements, ou l’absence de ceux-ci, du parti au pouvoir. À juste tire, ils auront aussi des attentes quant à ce que le nouveau chef proposera comme alternative à ce que fait et dit le gouvernement.