L’approche d’un jeune chef

Le nouveau chef de l’opposition, Brian Gallant, s’est présenté au comité de rédaction du journal avec confiance. Pourquoi ne le serait-il pas? Il a gagné de façon décisive tant la course à la direction de son parti que l’élection partielle de la circonscription de Kent. Ces deux succès, Brian Gallant les attribue aux équipes qui l’ont appuyé.

Depuis son entrée en politique, Brian Gallant a répété qu’il comptait sur le travail d’équipe pour amener sa formation politique à contribuer à un changement tant de la mentalité que de la pratique politique au Nouveau-Brunswick. Si le changement qu’il veut apporter reste encore à réaliser, ce que le public voit comme son succès personnel, il l’attribue à la force d’un travail d’équipe.

Quant à son entrée à l’Assemblée législative, le nouveau chef de l’opposition dit être heureux de pouvoir en découdre directement avec le chef du gouvernement, le premier ministre David Alward, sur les questions de l’heure. De l’avis de plusieurs observateurs de la scène politique provinciale, depuis son entrée à l’Assemblée législative, Brian Gallant a fait bonne figure pour un parlementaire inexpérimenté. En ce sens, il a su tenir tête à des parlementaires beaucoup plus expérimentés que lui; nous avions écrit, en commentant son élection dans Kent et son entrée à l’Assemblée législative, qu’il risquait d’être pourfendu par des parlementaires d’expérience comme Paul Robichaud. Jusqu’à maintenant, ce n’est pas le cas.

Comme vous l’avez sans doute lu dans l’article de notre journaliste David Caron, Brian Gallant a esquissé une vision des actions à prendre pour tenter de relancer l’économie de la province. Si sa vision ne diffère pas tellement de celle du gouvernement Alward, en misant par exemple sur l’innovation ou le secteur pétrolier, il se distingue du gouvernement actuel quant aux outils à utiliser pour le faire. Il déplore que la priorité mise sur l’innovation par le gouvernement Alward ne soit pas soutenue par des investissements suffisants en recherche et développement, en développement des compétences et en éducation.

Quand nous avons abordé la question de l’énergie, en exprimant notre scepticisme quant à l’impact mirobolant d’un oléoduc jusqu’à Saint-Jean sur l’économie de la province, Brian Gallant convient qu’il n’y a pas de solution magique, qu’il n’y a pas de projet en particulier susceptible de relancer l’économie de la province. Il croit cependant qu’avec la raffinerie et le port, la situation géographique de Saint-Jean est en bonne position géographique pour favoriser l’exportation des produits pétroliers du Nouveau-Brunswick. Il croit que l’arrivée de l’oléoduc, sans être la panacée de la prospérité future de la province, attirerait l’attention sur les capacités du Nouveau-Brunswick en matière pétrolière. C’est possible, mais il nous reste à en être convaincus.

S’il arrive à saisir le pouvoir aux prochaines élections, le chef libéral remettrait les agences de développement économique communautaire dans toutes les régions de la province. Le mot d’ordre de ces agences serait d’être proactives en utilisant et en favorisant les ressources locales pour créer un climat propice aux investissements. Ça nous semble une approche cohérente avec le fait que la petite et la moyenne entreprise sont le secteur où le plus d’emplois sont créés au Nouveau-Brunswick.

En ce qui a trait au domaine de la santé, une préoccupation majeure de l’électorat, le chef libéral miserait sur l’inclusion des professionnels de la santé pour trouver des économies dans le système tout en préservant la qualité des soins. Il croit, comme le gouvernement actuel, qu’il faut maîtriser les coûts, mais en se fiant aux gens qui sont en première ligne: les médecins, les infirmières et même le personnel de soutien, plutôt que de travailler en vase clos.

Nous retenons de notre échange avec Brian Gallant qu’il est davantage en mode préparation qu’en mode action. Comme il ne détient pas les leviers du pouvoir, Brian Gallant et son équipe préparent un programme pour offrir aux électeurs lors des prochaines élections une alternative crédible au gouvernement Alward. Quelles sont ses chances de succès? Nous serons mieux en mesure d’en juger lorsque son parti dévoilera plus concrètement ce qu’il a à offrir aux électeurs et aux contribuables du Nouveau-Brunswick.