L’approche transparente au changement

Il y a encore plusieurs étapes à franchir avant que le village d’Atholville et les districts de services locaux de Saint-Arthur et de Val-d’Amour s’unissent dans une nouvelle structure municipale. Toutefois, la réunion de consultation tenue lundi soir annonce une démarche intéressante.

Quand le président du District de services locaux de Saint-Arthur, Marc Thibeault, explique que les conseils des trois communautés ont voulu exposer clairement le projet et donner la chance aux citoyens de s’exprimer sur la question, les citoyens touchés par ce projet peuvent être rassurés: ils sont impliqués dans le projet dès sa conception. L’étude de faisabilité, une fois réalisée, fera l’objet des prochaines consultations. Les citoyens d’Atholville, de Saint-Arthur et de Val-d’Amour seront alors en mesure d’évaluer ce qu’implique la mise en œuvre du projet de regroupement.

Dans la Péninsule acadienne, il y a déjà trois ans que le projet de regroupement de 18 DSL avec la ville de Tracadie-Sheila s’est mis en branle. Les communautés touchées par ce projet de regroupement ont signé un protocole d’entente en avril 2009. Deux ans plus tard, le comité de travail pour ce regroupement a dévoilé l’essentiel du rapport préliminaire de l’étude de faisabilité de ce projet de regroupement. Si elle devait voir le jour, cette nouvelle municipalité compterait 16 000 résidants. Dans sa planification, le comité de travail voyait l’avènement de la nouvelle municipalité à temps pour les élections de mai 2012. Un an plus tard, le projet de regroupement n’est pas encore concrétisé, mais il est toujours vivant, d’après ce que nous savons.

Ce n’est pas la structure à mettre en place qui est compliquée. Le regroupement de communautés rurales a déjà été réalisé ailleurs dans la province. Les démarches règlementaires pour concrétiser un tel regroupement sont connues. Ce qui est plus délicat et plus difficile à gérer ce sont les appréhensions des contribuables touchés par le réaménagement des structures. Les principales appréhensions tournent souvent autour de la question de taxation: «est-ce que mes taxes vont augmenter?» Il est toujours délicat de traiter de cette question.

Même quand une structure de gouvernance locale ne change pas, il est peu probable que le taux de taxation, d’impôt foncier reste le même. Mais les opposants aux projets de regroupement entretiennent l’illusion qu’il y a des chances que l’impôt foncier n’augmente pas en restant bien campés dans une structure de district de services locaux. La différence entre une augmentation dans une communauté rurale regroupée et dans un district de service local, c’est que s’il doit y avoir une augmentation dans une communauté rurale, elle est décidée par des contribuables élus par la communauté tandis que dans le cas des DSL, c’est plutôt Fredericton et ses fonctionnaires qui décident, en consultation avec le comité du DSL.

Pourquoi encourager le regroupement de communautés rurales? D’abord et avant tout parce qu’une telle structure est plus démocratique. Les dirigeants de ces communautés regroupées sont élus par leurs semblables. On corrige ainsi le déficit démocratique inhérent à la structure des districts de services locaux. Ensuite, le développement de ces communautés est planifié par les gens qui y vivent, et par conséquent mieux en mesure d’évaluer les priorités. Le regroupement des communautés favorise aussi la mise en commun des ressources humaines et financières, en d’autres mots, favorise la coopération et la coordination d’efforts pour le bien commun. En somme, travailler ensemble pour prospérer et développer ensemble. S’organiser nous semble une alternative préférable à se faire organiser. Une autre raison bien documentée par le rapport de la Commission Finn, il faut, au Nouveau-Brunswick, réduire le nombre de structures locales.

Nous souhaitons bonne route vers le changement aux communautés du Restigouche, tout en encourageant celles du sud de la Péninsule acadienne à poursuivre leur projet qui est une étape vers le progrès social et économique.