2014, le test de l’opinion publique

Plusieurs des dossiers qui ont marqué l’actualité en 2013 reviendront aux manchettes des médias en 2014. Que ce soit le dossier de l’année, l’opposition populaire au gaz de schiste, ou la situation de l’industrie du homard, la réforme de l’assurance-emploi, la réforme de la carte électorale du Nouveau-Brunswick ou l’oléoduc, Énergie Est. Évidemment, plusieurs de ces dossiers seront remis au cœur de l’actualité durant l’événement marquant de 2014, les élections provinciales.

Bien qu’il en sera encore beaucoup question cette année, le dossier du gaz de schiste ne progressera pas tellement, en dépit d’une année d’élections générales. Tout indique cependant que le gouvernement Alward ne changera pas de cap, au contraire, il semble déterminé à marteler que l’avenir et la prospérité économique de la province passent par le développement de l’industrie gazière au Nouveau-Brunswick. Le premier ministre Alward envisage même que la province devienne une plaque tournante incontournable de l’énergie au pays, une plaque tournante ancrée à Saint-Jean, comme il l’a déclaré en 2013. Mais si l’industrie du gaz de schiste parvenait à s’installer au Nouveau-Brunswick malgré l’opposition populaire, il faudra être patient pour en constater les retombées économiques promises par le gouvernement provincial: nous en sommes aux premières étapes d’un long processus de développement. Du point de vue électoral, donc, plus nuisible au gouvernement Alward qu’aidant à un regain de popularité.

L’autre planche de salut économique, selon le gouvernement de Fredericton, se concrétiserait par l’arrivée de l’oléoduc. L’impact à long terme sur la prospérité générale du Nouveau-Brunswick est à tout le moins discutable et, là aussi, le gouvernement Alward aura beaucoup de difficulté, sauf à Saint-Jean, à en tirer profit pour les élections: TransCanada Pipelines ne déposera que plus tard cette année sa demande à l’office canadien de l’énergie, et la réponse ne viendra sans doute pas avant les élections en octobre.

L’industrie du homard a connu une année difficile, encore, en 2013. Si le dollar canadien avait continué à perdre substantiellement de la valeur par rapport à la monnaie américaine, on pourrait espérer de meilleures conditions de marché en 2014. Mais la variation a été trop faible pour que l’industrie canadienne du homard puisse en tirer profit d’une manière marquante.

Selon le gouvernement d’Ottawa, la réforme de l’assurance-emploi n’a pas eu d’impact majeur sur la vie des chômeurs. Il est trop tôt pour poser un tel jugement, étant donné la nouvelle structure du programme. Il faudra attendre encore deux ans avant qu’on puisse établir un bilan réaliste de cette réforme, puisque les chômeurs répétitifs font face à des mesures cumulatives échelonnées sur trois ans. Chose certaine, l’impact s’est déjà fait sentir sur les entreprises saisonnières, dont plusieurs ont perdu du personnel clé. L’abandon d’une région et du travail saisonnier au profit de l’Ouest et d’un emploi à temps plein est vu comme un signe positif par le gouvernement Harper. De notre perspective, la tendance est nettement moins intéressante: Ottawa reste les bras croisés pendant que nos régions se vident et s’appauvrissent.

Enfin, il faudra voir ce que sera la carte électorale du Nouveau-Brunswick quand les citoyens se rendront aux urnes. Relativement à une contestation judiciaire contemplée par l’Association francophone des municipalités et la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, le gouvernement a indiqué son intention de s’assoir et de discuter des aménagements possibles à une nouvelle carte électorale. Si rien de significatif ne se développe ce mois-ci, on pourra conclure que le gouvernement Alward cherche tout simplement à gagner du temps.

Tout comme son homologue fédéral, le chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, voit son parti jouir d’une bonne avance dans les intentions de vote de l’électorat de la province. Tout est en place pour que se répète au Nouveau-Brunswick en octobre ce qui s’est passé en Nouvelle-Écosse l’automne dernier: les citoyens insatisfaits qui se débarrassent du gouvernement sortant. Il faudra, toutefois, que le programme électoral du Parti libéral du Nouveau-Brunswick gagne de la crédibilité auprès de l’électorat, une fois qu’il sera dévoilé. En 2014, l’opinion publique aura une importance capitale pour la classe politique de la province, une importance qu’appréhende sûrement l’équipe de M. Alward.