Vivement, le développement

Il y a déjà plusieurs mois que le sommet sur le développement des régions est en préparation. L’attente en aura valu la peine. On ne peut assister au dépeuplement et à la montée du chômage dans plusieurs régions de la province et rester les bras croisés.

L’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick a raison d’être fière de son initiative. Les lacunes évidentes des politiques actuelles tant du gouvernement provincial que celui d’Ottawa ne peuvent plus se perpétuer. Le tort aux régions rurales est trop grand et il perdure depuis trop longtemps.

En évaluant les retombées des initiatives passées en matière de développement régional, on peut leur attribuer des défauts pour justifier d’abandonner ce type d’initiatives. Pourtant, quand on repasse l’histoire de sociétés commerciales qui ont connu du succès, comme McCain ou le Groupe Savoie, leurs dirigeants vous diront sans hésiter que l’apport financier des gouvernements a été un facteur important pour leur permettre de faire prospérer leur entreprise et continuer à faire grandir l’emploi et le chiffre d’affaires.

Au cours des dernières années, nous avons entendu tant de Fredericton que d’Ottawa que ce ne sont pas les gouvernements qui créent les emplois, mais le secteur privé. D’accord. Mais ce n’est que du bout des lèvres que les gouvernements provincial et fédéral conviennent aussi qu’il appartient aux gouvernements de créer les conditions nécessaires, le climat et l’encadrement propices aux investissements. En consultant les statistiques récentes sur la croissance économique et l’emploi, force est de constater que non seulement les politiques actuelles ne favorisent pas le développement des régions rurales, mais elles ont l’effet d’un frein puissant à ce développement. Le besoin d’une nouvelle approche est donc urgent.

Nous avons besoin d’une approche qui est novatrice, en misant sur les initiatives et les ressources du milieu, mais qui devrait aussi s’inspirer des histoires à succès du passé. Comme le confiait au journal le maire d’Edmundston, Cyrille Simard, «trop de portes menant à des opportunités sont verrouillées».

Comme nous l’avons lu hier, tout le monde est conscient de la situation financière délicate du gouvernement du Nouveau-Brunswick. Mais tout le monde ne s’entend pas sur le degré de gravité de la situation. Si nous convenons que la situation déficitaire du budget du Nouveau-Brunswick mérite qu’on s’y attarde, nous sommes d’avis, comme la majorité des participants au sommet sur le développement des régions, que la situation n’est pas catastrophique. Ce qui est catastrophique, comme les statistiques nous le démontrent quant à la situation actuelle de la province, c’est quand tous les efforts du gouvernement sont axés à comprimer les emplois, les dépenses et les programmes. De toute évidence, quand il s’agit de créer les conditions propices au développement, celles-ci doivent être diamétralement opposées aux conditions actuelles.

Bien que la mise en œuvre d’une politique familiale n’ait pas été retenue comme une priorité immédiate, nous sommes rassurés que le sujet ait été débattu et que les participants y accordent de l’importance. En éditorial,nous avons réclamé à quelques reprises au gouvernement du Nouveau-Brunswick, à l’époque du gouvernement Graham, d’instituer une politique familiale en constatant les effets bénéfiques qu’une telle politique a eus chez nos cousins, les Québécois: un taux de natalité en hausse constante. Il s’agira de voir, durant la campagne électorale, quels partis politiques incluront une politique familiale dans leur programme. Il s’agira de le souligner aux politiciens venus solliciter votre appui.

Nous applaudissons l’initiative de l’AFMNB d’organiser ce sommet sur le développement des régions. Nous avons besoin d’un tel exercice de réflexion, nous avons besoin, surtout, que les gouvernements s’éveillent et s’affichent comme des partenaires efficaces dans le virage vers une plus grande prospérité des régions rurales.