Et la santé…

Durant la campagne électorale, tellement d’accent a été mis sur la création d’emplois et l’économie que pour une rare fois en campagne électorale les citoyens n’ont pas entendu tellement parler des soins de santé. Ils en ont entendu parler probablement deux fois. Une fois quand les partis ont dévoilé leurs intentions pour améliorer le système de santé et une autre fois lors du débat des chefs à qui on avait demandé de s’exprimer sur la question.

Nous sommes retournés voir dans le programme du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, puisqu’il formera le gouvernement, pour nous rafraîchir la mémoire sur les engagements du Parti libéral en matière de santé, de rappeler la réaction des médecins et d’établir un portrait des changements auxquels on pourrait s’attendre.

Si le gouvernement Gallant atteint l’objectif qu’il s’est fixé, à la fin de son premier mandat, en 2018, tous les citoyens du Nouveau-Brunswick auront un médecin de famille. Les médecins de notre province ont vu cet engagement d’un bon œil. Selon leur organisation, la Société médicale du Nouveau-Brunswick, l’atteinte de cet objectif permettrait de mieux soigner les nombreux citoyens de la province atteints de maladies chroniques. Sans médecin, ces grands malades utilisent les urgences des hôpitaux et contribuent ainsi à allonger la liste d’attente.

Lorsque le gouvernement Alward a annoncé son plan d’assurance médicaments, le Parti libéral avait critiqué certains aspects de ce régime d’assurance. Le gouvernement Gallant, s’il respecte son programme électoral, maintiendra l’assurance maladie, mais il n’obligera pas les petits entrepreneurs à souscrire au régime d’assurance médicaments. Il compte réévaluer la couverture du régime pour s’assurer qu’elle est suffisante pour les contribuables. Le programme libéral laisse entrevoir que la structure des coûts du régime d’assurance médicaments sera réexaminée pour que tout le monde puisse y avoir accès à des coûts raisonnables. Est-ce que ces bonnes intentions seront oubliées face aux défis budgétaires du gouvernement provincial? Restons à l’écoute.

Un autre dossier qui traîne en matière de santé est celui des dossiers médicaux électroniques. Il y a déjà un bout de temps que les professionnels de la santé ont commencé à monter les dossiers électroniques. Mais le transfert des données du dossier d’une région à l’autre de la province pose problème. L’accès à ces dossiers électroniques pose aussi problème, comme on l’a constaté dans le cas d’un médecin animé d’une curiosité personnelle malsaine. Quoi qu’il en soit, le gouvernement Gallant se propose de faire évoluer le dossier, dans le bon sens souhaitons-nous.

Sur la question du financement des soins de santé, le gouvernement Gallant souhaite «réexaminer les changements aux transferts fédéraux pour la santé et les programmes sociaux afin de garantir qu’ils reflètent la nature distincte de provinces particulières, plutôt que l’approche uniforme de financement par habitant». On se rappellera que le ministre fédéral des Finances a annoncé il y a deux ans qu’il changeait les critères de financement des transferts en matière de santé. La formule présentée par le gouvernement Harper handicape le Nouveau-Brunswick. Il faudra que notre province se trouve des alliées parmi les provinces qui dénoncent les changements apportés par le gouvernement Harper.

Si le financement des soins de santé au Nouveau-Brunswick restera un défi, il ne semble pas que le gouvernement Gallant sera obsédé par la réduction des coûts. Il compte sans doute voir comment il pourra réduire les dépenses en santé aussi, puisque c’est un objectif qu’il s’est fixé, c’est-à-dire d’augmenter les revenus du gouvernement provincial tout en surveillant les dépenses, mais le programme du Parti libéral met l’accent sur la qualité des soins de santé. Il faut espérer que pour le gouvernement Gallant, la qualité des soins de santé passe par l’accès à ces soins, y compris en région rurale.

Dans le calepin de l’électeur, l’accès à des soins de santé de qualité où qu’on habite au Nouveau-Brunswick est en tête de liste de ses préoccupations.