Les premiers défis de Brian Gallant

Chez les mordus de la politique, les spéculations sur qui accédera au Cabinet des ministres de Brian Gallant alimenteront les conversations jusqu’à mardi. Personne n’aura d’informations privilégiées à partager avec qui que ce soit sur cette question. Même les personnes que consultera le premier ministre élu ne sauront pas s’il les aura écoutées en finissant sa liste de ministres.

En ce moment, on peut s’attendre à ce que Brian Gallant ait déjà fixé le nombre de ministres avec lesquels il formera le Cabinet. Puis, il doit chercher à former un Cabinet en tenant compte des compétences de ses députés, de la répartition géographique des postes de ministres, de la répartition entre les langues et de l’inclusion selon le genre. Dans le cas des femmes, comme elles ne sont que quatre, on peut parier qu’une forte proportion de cette députation féminine se retrouvera au Cabinet.

Sur le plan de la répartition des postes de ministres entre les francophones et les anglophones, entre le Nord et le Sud, l’exercice sera un peu plus difficile. La proportion des francophones dans le caucus du Parti libéral du Nouveau-Brunswick est presque exactement l’inverse de la population de la province: les députés francophones représentent les deux tiers du caucus. La majorité des députés libéraux proviennent de régions rurales. À ce chapitre, c’est plus normal, le Nouveau-Brunswick étant une province où une forte proportion de sa population vit en région rurale.

Mais le choix de son Cabinet n’est pas le seul défi immédiat auquel est confronté Brian Gallant. Son engagement le plus médiatisé ayant été le moratoire sur la fraction hydraulique, le premier ministre désigné devra trouver une façon de le mettre en place sans s’attirer des poursuites judiciaires de sociétés comme Corridor Resources qui exploite déjà des puits de gaz de schiste au Nouveau-Brunswick, une exploitation assujettie à la réglementation en vigueur.

Le premier ministre élu devra aussi remplacer les sous-ministres nommés par le gouvernement Alward en guise de remerciement pour leur appui au Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick. Les noms de Daniel Allain, Margaret Ann Blainey, Nancy MacKay et Darrell Fowlie reviennent le plus souvent parmi ceux qui occupent des postes au rang de sous-ministre. Brian Gallant résistera-t-il à la tentation de nommer des partisans à des postes clés, ou s’engagera-t-il à pourvoir ces postes à partir des ressources humaines disponibles dans la fonction publique du Nouveau-Brunswick? La réponse ne saurait tarder, une fois le conseil des ministres formé.

On apprenait hier que les députés du Parti libéral voteront pour que le Parti vert ait le statut officiel de parti à l’Assemblée législative. C’est un beau geste qui facilitera la tâche au chef du Parti vert et député de Fredericton Sud, David Coon. Une fois cette motion adoptée par l’Assemblée législative, M. Coon aura une présence accrue à la période de questions en Chambre. M. Gallant a également confirmé que l’Assemblée législative financera du personnel et des frais administratifs pour le bureau du seul député vert à l’Assemblée. Le précédent avait déjà été créé pour Élisabeth Weir, l’ex-députée de Saint-Jean et chef du NPD du Nouveau-Brunswick. Les deux chefs se seraient entendus pour travailler à rehausser le décorum des débats à l’Assemblée législative. Ce serait bien accueilli, car le ton des dernières années n’était pas très édifiant.

Brian Gallant mettra en place son conseil de l’emploi. S’il veut atteindre son objectif d’attirer et de créer 5000 emplois au Nouveau-Brunswick au cours de la première année de son mandat, comme il s’est engagé à le faire, il faudra engager le plus tôt possible les ressources du gouvernement pour réaliser cet objectif.

Encore une fois, une bonne partie de l’électorat s’est rendue aux urnes sans grand enthousiasme. Tout le monde au Nouveau-Brunswick souhaite de voir 10 000 nouveaux emplois se créer dans la province au cours des quatre prochaines années. Mais bien peu de monde croit sincèrement que l’objectif sera atteint. Ce sera au gouvernement Gallant de confondre les sceptiques.