La pente abrupte

Vendredi, c’était comme si le temps, la température, voulait exprimer la morosité de l’emploi au Nouveau-Brunswick. De la même façon qu’on ne pouvait trouver de soleil où que l’on se trouvait dans la province vendredi, les régions en croissance d’emplois ont été rares au cours du troisième trimestre de 2014 au Nouveau-Brunswick.

Pour l’ensemble de la province, depuis un an la main-d’œuvre active au Nouveau-Brunswick a diminué de 3000 personnes, dont 2000 depuis la fin juin. Cette baisse de la population active compte quelques raisons. Une partie est composée des gens qui partent à la retraite. Certains retraités reviendront sur le marché de travail, soit parce qu’ils s’ennuient à la maison, soit parce que les revenus de pension sont insuffisants pour le confort auquel ils sont habitués. D’autres, et on peut soupçonner que c’est le groupe de travailleurs le plus important, ne font plus partie de la population active du Nouveau-Brunswick après être déménagés dans l’Ouest, dans les régions manufacturières du sud de l’Ontario pour occuper un emploi rémunérateur là-bas.

Au gouvernement fédéral, on suit les données économiques au Nouveau-Brunswick dans cinq régions: le Nord (Campbellton-Miramichi), le Sud-Est (Moncton-Richibouctou), le Sud-Ouest (Saint-Jean/St. Stephen), le centre (Frede-ricton-Oromocto) et l’Ouest (Edmundston-Woodstock). Toutes les régions, sauf le Sud-Est et Saint-Jean/St. Stephen, ont accusé une perte d’emplois depuis un an, la plus forte variation annuelle ayant été observée dans l’ouest de la province. C’est toutefois le Nord qui est marqué par le taux de chômage le plus élevé (13 %), une situation de longue date, alors que le Sud-Est (7,1 %) supplante le centre de la province (8,4 %) comme région qui bénéficie du taux de chômage le plus bas de la province. L’an dernier, le taux de chômage dans la région de Fredericton-Oromocto était à 6,2 %, de loin le plus bas au Nouveau-Brunswick.

Le bulletin trimestriel sur le marché du travail au Nouveau-Brunswick examine aussi la situation en se penchant sur 18 catégories de secteurs industriels, institutionnels et commerciaux. Depuis un an, c’est le secteur du transport et de l’entreposage qui accuse le recul le plus important en pourcentage de variation annuelle: l’emploi a diminué de 19,8 %, suivi du secteur des services aux entreprises (- 18,3 %), la construction
(- 18 %) et les services publics (17,8 %).

À l’inverse, certains secteurs sont en forte croissance et engendrent des données positives en termes d’emplois. C’est le cas du secteur des services professionnels, scientifiques et techniques: une augmentation de 37,2 % depuis un an, qui se traduit par 5300 emplois créés. C’est d’autant plus intéressant que ce sont généralement des emplois à temps plein bien rémunérés, contrairement au secteur de l’industrie des services (restaurants, hôtels, ventes au détail) où on retrouve un nombre important d’emplois à temps partiel, au ou près du salaire minimum. Quoi qu’il en soit, on y a vu une croissance de 10 000 emplois depuis un an, une augmentation de 3,7 %. C’est le secteur qui emploie le plus de personnes au Nouveau-Brunswick, soit un peu plus de 280 000 travailleurs. C’est 80 % de la population active de la province.

Si le secteur des services a engendré une croissance de l’emploi, le secteur manufacturier a beaucoup reculé depuis un an: 11 % de diminution qui se traduit par la perte de 9000 emplois dans le secteur de la production de biens et un autre 1000 emplois perdus dans la fabrication.

On peut être certain que bon nombre de fonctionnaires dont les responsabilités sont liées au développement économique, à la formation professionnelle et au développement de l’emploi au Nouveau-Brunswick se penchent déjà sur les plus récentes données, analysant les causes du déclin de certains secteurs et explorant des options susceptibles de relancer la croissance de l’emploi dans la province, une priorité du nouveau premier ministre, Brian Gallant. Il lui reste 11 mois pour atteindre son objectif d’engendrer un gain net de 2500 emplois au Nouveau-Brunswick. C’est une pente abrupte à remonter en très peu de temps.