Bienvenue 2015!

Nous venons de tourner la page sur 2014 et, comme chaque fois, nous plongeons dans la nouvelle année avec la conviction – ou du moins l’espérance – qu’elle sera aussi bonne ou meilleure que celle qui vient de se terminer. Nous sommes faits ainsi.

Le début janvier, malgré ses températures glaciales, est une période de renouveau sur le plan personnel. C’est le printemps de l’hiver! D’innombrables possibilités s’offrent à nous. Nous nous lançons des défis, nous prenons des résolutions. Tout devient possible pour ceux qui croient que tout devient possible! Parfois, comme le printemps, cette effervescence est éphémère, mais certains en profitent pour faire des changements durables dans leur vie.

Bien que chaque année apporte son lot de bonnes et de mauvaises nouvelles, celle qui vient de se terminer a été particulièrement pénible à plusieurs égards et à plusieurs échelles. Nous avons besoin, plus que jamais, de remettre les compteurs à zéro et de prendre un nouveau départ. Pour paraphraser la reine d’Angleterre, nous pouvons qualifier 2014 d’annus horribilis (année horrible, en latin).

Au cours de février 2014, une nouvelle épidémie du virus Ebola a vu le jour dans le sud de la Guinée. Cette épidémie s’est rapidement étendue aux pays voisins. Plus de 7000 personnes en sont mortes en Guinée, en Sierra Leone, au Libéria et au Nigeria. La terre entière a frémi lorsque des cas ont été répertoriés hors du continent africain. La panique s’est calmée depuis en Occident. Il n’y a pas eu d’épidémie à grande échelle. Le combat contre la transmission du virus n’est pas pour autant encore gagné dans les pays touchés, où des milliers de personnes sont toujours affectées et des millions d’autres vivent dans la peur.

Côté frayeur, impossible de passer sous silence la percée de l’État islamique, une organisation armée de djihadistes, qui a proclamé l’instauration d’un califat sur les territoires irakiens et syriens qu’elle contrôle. Ce regroupement sanguinaire, digne du Moyen-Âge, sème la mort et la désolation sur son passage. Exécutions sommaires, privation des droits de la personne, violence exacerbée, rien ne semble lui peser sur la conscience. Pas même l’utilisation d’enfants dans des attentats-suicides ni les attaques dans les écoles.

La mort d’un soldat canadien à Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec, le 20 octobre, et d’un autre sur la Colline parlementaire, à Ottawa, le 22 octobre, sont venus nous rappeler brusquement que nous ne sommes pas à l’abri d’attaques contre nos militaires, même sur notre terrain. Disciples de l’État islamique ou loups solitaires radicalisés, les deux meurtriers ont voulu par leur geste déstabiliser l’État canadien et faire peur à la population, à moins qu’ils n’aient été que de simples idiots en quête de sensations fortes.

Nous pouvons tracer un parallèle entre ces deux crimes et celui qui a plongé la ville de Moncton dans un véritable cauchemar en juin. Justin Bourque, un jeune homme perturbé et radicalisé dans ses convictions, a pris les armes pour régler ses comptes avec les autorités, policières celles-là. Trois policiers ont payé de leur vie la logique tordue du meurtrier, qui associait tout ce qui ne va pas en ce bas monde aux forces de l’ordre.

En ce début d’année, gardons confiance. Appuyons nos espoirs sur ces femmes et ces hommes qui agissent pour le bien commun, même dans les pires moments. Pensons à ces travailleurs médicaux qui continuent, au péril de leur vie, de combattre sur le terrain les ravages du virus Ebola; au sergent d’armes Kevin Vickers, qui a abattu le tireur au Parlement canadien, évitant un autre bain de sang; aux policiers qui ont protégé les citoyens de Moncton alors qu’ils savaient qu’ils étaient la principale cible du tireur.

Et rappelons-nous que malgré la misère et la souffrance, les injustices, les oppressions et les inégalités subies en 2014, nous vivons dans une ère de progrès. Nous avons accès comme jamais auparavant au savoir et à l’information. Nous avons une espérance de vie sans précédent. Et nous sommes physiquement plus en sécurité qu’à aucune autre période de l’histoire de l’humanité.