Sur la bonne voie… difficile

Même une mécanique simple d’une voiture ancienne a besoin d’entretien régulier. Imaginez maintenant l’aspect technique complexe d’une centrale nucléaire; l’entretien est vital, pour le bon fonctionnement de la centrale et pour la sécurité du public. Il ne faut donc pas s’inquiéter des travaux actuellement en cours à la centrale nucléaire de Pointe Lepreau.

Comme on l’a vu dans notre édition d’hier, la direction de la centrale de Pointe Lepreau manifeste sa satisfaction à propos de l’exploitation de la centrale depuis sa remise en service. Évidemment, ce n’est pas le meilleur temps de l’année pour se priver de la production de Pointe Lepreau : le temps froid persiste encore à ce temps-ci de l’année, donc la demande d’énergie reste forte pour satisfaire aux besoins des clients.

On le sait, le niveau d’endettement d’Énergie Nouveau-Brunswick reste important. Selon la dernière mise à jour financière de la société, en date du 31 décembre 2014 elle se situe tout près des cinq milliards de dollars (4,96 milliards $, pour être exact). Par rapport à la même période un an plus tôt, la dette d’Énergie N-B a diminué de 340 millions de dollars: elle totalisait 5,3 milliards au 31 décembre 2013. Si l’abaissement de la dette se poursuit à ce rythme, Énergie NB diminuerait sa dette d’un milliard de dollars comme prévu. La société estimait atteindre ce but sur une période de dix ans, en 2021.

Reste le barrage de Mactaquac. Comme il en était question dans nos pages en novembre dernier, d’ici 2030 Énergie NB devra décider si elle procède à la réfection complète et la remise en service de la centrale,  cesser son exploitation tout en renforçant le barrage, ou détruire le barrage et restaurer le fleuve Saint-Jean à son état naturel.  L’an dernier, nous avons rapporté que la société devra prendre une décision d’ici la fin de 2016. Mactaquac pourrait couter jusqu’à cinq milliards de dollars pour prolonger la vie de la centrale. Ce sera un pois d’endettement lourd à supporter. Nous serons donc fixés l’an prochain sur le sort de la centrale que choisira Énergie NB.

En attendant, la modeste augmentation de deux pour cent des tarifs d’électricité porte ses fruits en ce qui a trait aux résultats financiers d’Énergie NB. Malgré cette augmentation, nous payons au Nouveau-Brunswick des tarifs inférieurs à nos voisins de l’Île-du-Prince-Édouard et de la Nouvelle-Écosse.  Au cours des dernières périodes financières, Énergie N-B affiche des surplus, relativement modestes par rapport à son taux d’endettement mais suffisants pour l’amortir graduellement.

La réfection du barrage de Mactaquac ne comporte pas seulement un défi financier, c’est aussi un énorme défi environnemental qui doit être relevé. Une étude, confiée à l’Université du Nouveau-Brunswick, a été amorcée pour évaluer ce défi environnemental et pour mesurer l’impact que les trois scénarios envisagés pour le barrage auront sur le fleuve Saint-Jean et les communautés tant en amont qu’en aval du barrage. Parmi les communautés touchées par les travaux qui seront faits, on compte évidemment la capitale provinciale.

L’opposition officielle réclame du gouvernement Gallant de convaincre Ottawa de rembourser le Nouveau-Brunswick pour le dépassement des couts de la réfection de la centrale nucléaire de Pointe Lepreau. Au Nouveau-Brunswick, nous voudrions tous que le fédéral s’implique pour réduire l’endettement d’Énergie NB, après les délais déraisonnables auxquels les travaux ont été assujettis. Malheureusement, le gouvernement Harper a déjà donné sa réponse : le contrat sera respecté. Et ce contrat ne prévoit pas que le fédéral assume les couts de dépassement de la réfection. Il pourrait quand même le faire, mais il ne le veut pas. C’est pourquoi nous devons assumer les hausses de tarifs, sans lesquels la direction de la société n’arriverait pas à rencontrer ses obligations.