À l’image de nos gens

Tant dans le nord que le sud de la province, les communautés du littoral se débattent depuis déjà plusieurs années avec les effets des changements climatiques, l’érosion et les inondations étant les plus importants.

Mercredi, le journal vous résumait les enjeux qui ont été discutés lors d’une rencontre à Shippagan où le monde municipal, scientifique et associatif se penchait sur les effets et les conséquences des changements climatiques dans nos régions.

Dans le monde associatif, les organisations qui s’investissent à améliorer la condition et à corriger les problèmes environnementaux les plus pressants le font avec peu de moyens, motivés par leur conviction que l’action pour endiguer, c’est le cas de le dire, les effets des changements climatiques est urgente. Heureusement pour les organismes qui gèrent divers bassins versants dans la province, ils bénéficient chaque année de l’aide financière du Fonds en fiducie pour l’environnement du Nouveau-Brunswick.

Ce fonds existe depuis une vingtaine d’années. Selon le rapport des comptes publics de l’an dernier, ce fonds en fiducie a accumulé la somme de 17 millions $, 9 millions $ l’an dernier. Huit millions de dollars ont été versés à des organismes et des projets dédiés à la protection et au rétablissement de l’environnement, entre autres buts visés par le fonds.

En entrevue mercredi matin à l’émission de Radio-Canada, Format libre animé par Michel Doucet, les intervenants du monde associatif et du monde scientifique ont souligné l’implication sérieuse de plusieurs municipalités de la province dans le dossier environnemental. Plusieurs municipalités se sont avérées des partenaires convaincus dans des initiatives de protection et de rétablissement de l’environnement.

Si la contribution du Fonds en fiducie de l’environnement est louable, très appréciée par les bénéficiaires parce que très utile, par rapport à l’ampleur et à l’urgence d’intervenir les montants versés pour chaque activité sont relativement modestes.

Nous avons besoin d’un coup de pouce du gouvernement fédéral, dont les ressources sont considérablement plus importantes que le gouvernement provincial et les municipalités. Après tout, c’est l’ensemble de l’activité humaine et industrielle du pays qui force nos communautés, nos scientifiques et nos intervenants en environnement à combattre les effets des changements climatiques.

Problème, cependant. La plupart, sinon la totalité, des groupes citoyens impliqués dans le dossier environnemental qui recevaient de l’aide d’Ottawa ont vu leurs subventions disparaître à la suite des décisions budgétaires du gouvernement Harper.

Mais ce ne sont pas que des considérations budgétaires qui ont mené à l’abandon du financement des groupes citoyens en environnement. C’est en fait davantage une question de priorité idéologique, selon laquelle on ne doit pas nuire à l’exploitation pétrolière pour des considérations environnementales.

Pourtant, en décembre dernier, un sondage mené par la firme de sondage Nanos Research pour le compte du Globe and Mail révélait qu’une très forte majorité (plus de 75%) de Canadiens pensent que le gouvernement fédéral devrait mener le débat sur l’effet du secteur pétrolier sur l’environnement. Près de 80% des Canadiens interrogés jugeaient urgent de tenir un débat de fond sur la question.

Non seulement le gouvernement Harper n’est pas intéressé à engager le débat sur la question, il interdit à ses fonctionnaires de l’environnement  de parler des changements climatiques. Vous jugez que c’est un non-sens. Vous avez raison.

Il est extrêmement dommage que le gouvernement fédéral s’entête et se campe dans cette idéologie du déni sur les questions environnementales, qu’il ne reconnaisse pas l’urgence d’agir. S’il était à l’image de nos gens, le financement adéquat des initiatives en matière d’environnement serait plus important et nous serions plus avancés que nous le sommes dans la lutte contre les changements climatiques.