Le monde des affaires et le budget

La suppression des postes d’enseignants, la contribution plus importante des aînés aux frais liés à leur hébergement dans les foyers de soin, le gel du financement des universités et des droits de scolarité et l’absence de mesures immédiates pour augmenter les revenus du gouvernement sont autant d’aspects qui ont valu au gouvernement Gallant des critiques tant des partis d’opposition que des observateurs, comme on le lisait dans le commentaire de Richard Saillant publié dans notre édition d’hier.

Les artistes professionnels et le monde financier n’ont pas joint le concert des critiques. Chez les artistes, l’Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick (AAAPNB), leur satisfaction est motivée par l’augmentation du budget pour la mise en œuvre de la politique culturelle.

Dans le cas du monde financier, ses commentaires favorables au budget touchent plusieurs aspects des mesures envisagées par le gouvernement Gallant qui espère ainsi créer un cadre propice à l’investissement et à la création d’emplois.

En ce qui a trait à celle-ci, le gouvernement Gallant estime que l’agence avec laquelle il a remplacé Investir N-B, Opportunités N-B, dispose des compétences et des ressources nécessaires pour favoriser la création d’emplois au Nouveau-Brunswick. L’abaissement du taux d’imposition des petites et moyennes entreprises, qui passe dans un premier temps de quatre et demi à quatre pour cent, a été favorablement accueilli tant par le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CENB) que par la Fédération canadienne des entreprises indépendantes.

Sur le plan de l’investissement, ayant visé les quelques cinq mille contribuables du Nouveau-Brunswick qui gagnent plus de 150 000 et 250 000 $ par an, ceux-ci pourront alléger leur fardeau fiscal en investissant dans les entreprises du Nouveau-Brunswick admissibles. Le crédit d’impôt pour de tels investissements pourrait atteindre 125 000 $ par année, à raison d’un crédit d’impôt qui passe de trente à cinquante pour cent. Cette mesure est, elle aussi, fort bien accueillie par le milieu des affaires de la province.

Bien que certains le critiquent, le fonds d’investissement dans l’économie du Nord et de la Miramichi est perçu comme un outil de développement susceptible d’amener une contribution notable à la création d’emplois par des entreprises bien établies dans ces régions rurales de la province.

Si ces mesures avaient l’impact  espéré par le gouvernement Gallant, ses revenus seraient susceptibles d’augmenter par le fait que plus de contribuables au Nouveau-Brunswick paieraient de l’impôt.

Comme nous le notions hier, les analystes financiers et les économistes prévoient une croissance un peu plus vigoureuse de l’économie de la province. Les mesures fiscales annoncées ne sont pas les seules à contribuer à cette perspective économique optimiste, la faiblesse du dollar canadien et le raffermissement de l’économie américaine, qu’on juge maintenant stable, sont des facteurs qui soutiennent le pronostic d’une économie en croissance par rapport aux sept ou huit dernières années au Nouveau-Brunswick.

Il reste que le budget est essentiellement un exercice de planification, de projections, dont les résultats peuvent s’écartés considérablement de l’anticipation qu’on avait élaboré. Il suffit de se rappeler l’histoire récente où les tentatives du gouvernement Alward pour équilibrer le budget ont abouti très loin de l’objectif.

Le ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, Roger Melanson, se dit confiant que les mesures destinées à engendrer une création d’emplois vigoureuse auront le succès escomptés, à en juger par les réponses qu’il a fournies aux questions des partis d’opposition.

La base de l’optimisme des gens d’affaires et du ministre des Finances demeurent pour l’instant théorique. La mise en pratique des théories de ce que devrait être un cadre propice à l’investissement et à la création d’emplois devrait déboucher sur des résultats probants assez tôt au cours de l’année fiscale qui vient de s’amorcer. Nous verrons assez tôt si l’optimisme des gens d’affaires et du gouvernement est justifié.