Souffler le nuage noir

S’il est vrai que les statistiques du Nouveau-Brunswick sur la croissance économique, la création d’emploi et la démographie ne sont pas très encourageantes, nous aurions tort de baisser les bras: la situation est difficile, certes, mais elle n’est pas insoluble. C’est un nuage noir que nous pouvons collectivement souffler en dehors de notre horizon. C’est durant ces périodes difficiles que nos devons faire preuve de résilience, cette résilience qui a permis au peuple acadien de traverser des époques beaucoup plus cruelles et difficiles que celle qui nous afflige actuellement.

Quand on y regarde de plus près, plusieurs citoyens impliqués dans nombre de secteurs font preuve de cette résilience typique de la société acadienne. Ils sont quotidiennement à pied d’œuvre pour trouver des solutions innovantes et contribuer à l’avancement collectif de notre société.

Dans le domaine des affaires, les produits forestiers et la pêche devraient bénéficier de la faiblesse du dollar, favorable à l’exportation de notre production vers notre principal marché, les États-Unis. D’autant plus que l’économie de ceux-ci a repris de la vigueur, une vigueur qui, cette fois, est soutenue depuis quelques trimestres.

Entre temps, l’industrie forestière, après la période noire des fermetures successives de moulins et de l’effondrement du marché américain, a eu à se raffiner pour obtenir des gains de productivité et pour se diversifier. Elle devrait revenir en force sur le marché.

Dans le domaine des pêches, nous aurions besoin d’un coup de pouce intelligent du gouvernement fédéral. Encore une fois, la faiblesse du dollar canadien facilitera l’augmentation des prix tant au débarquement qu’à l’exportation. Le secteur de la transformation, toutefois, aurait besoin que le gouvernement fédéral convienne de lui permettre d’embaucher les employés étrangers dont il a besoin pour manutentionner les produits de la mer. Les stocks de homard, de crevette et de homard sont en excellente santé, ce qui permet de prévoir des débarquements supérieurs aux années de la dernière décennie.

Ironiquement, bien que le taux de chômage soit élevé dans nos régions rurales, les usines de transformation manquent de main-d’œuvre.

Partout dans la province nous avons des petites et moyennes entreprises  qui trouvent des niches de marchés pour leurs services et leurs produits. Si nous investissions un peu plus d’argent dans la recherche et le développement, un domaine où nous tirons de la patte en termes de fonds disponibles par rapport aux autres provinces du pays, les entrepreneurs pourraient en tirer profit et croître. Les pays où la croissance économique est florissante et soutenue, comme la Corée du Sud entre autres, investissement massivement dans la recherche et le développement.

Le marché de l’emploi est pratiquement bloqué pour les jeunes: les gouvernements compriment les effectifs de la fonction publique et de l’enseignement. Devant cette situation, plusieurs jeunes se tournent vers le secteur privé pour créer leur emploi et embaucher des gens de leur génération quand l’entreprise croît. Accentuer le mentorat et l’encadrement de ces jeunes entreprises et de ces jeunes entrepreneurs porterait des fruits durables.

Avec raison, on vante souvent la richesse de talents artistiques de la communauté acadienne du Nouveau-Brunswick. Ceux qui réussissent à percer sont aussi des exemples à suivre. Sans aucune garantie financière que ce soit, ils choisissent une voie qui demande de la discipline, beaucoup de travail, de la confiance et de la résilience à toute épreuve. Leur succès n’arrive pas par hasard, c’est le fruit d’un travail persistant, comme ceux qui réussissent en affaires.

Les deux paliers de gouvernement auraient tout intérêt à se rapprocher des citoyens et à adapter les programmes qu’ils offrent pour faciliter la tâche à ceux qui travaillent non seulement à s’en sortir, mais à prospérer.