Ce qui est clair, ce qui l’est moins

L’opposition talonne toujours le gouvernement à propos de sa nouvelle politique sur le coût des soins dans les foyers que devront payer les aînés. Et pour cause. Il reste encore des points nébuleux, des informations incomplètes à propos de cette nouvelle politique.

L’information sur le site web du gouver-nement qui en traite est incomplète. Cette information déficiente conduit à de fausses conclusions. Ce fut notre cas en traitant du sujet plus tôt cette semaine.

Après avoir parcouru le site web pour lire l’information que donne le gouvernement sur la nouvelle politique, nous étions arrivés à la conclusion que les tarifs que devront payer les nouveaux clients des foyers de soins ne seraient affectés que par leurs actifs financiers liquides. Ce n’est pas le cas.

En fait, un couple à la retraite qui, sans avoir d’argent comptant ou d’autres «actifs financiers liquides» supérieurs à 100 000 $, peuvent effectivement voir leur contribution aux coûts des soins dans un foyer atteindre le plafond de 175 $ par jour, si les revenus annuels du couple dépassent 60 000 $ par année. Or, le site web du gouvernement ne parle que des revenus annuels inférieurs à 60 000 $, sauf dans un des quatre exemples offerts où on apprend qu’un couple encaissant un revenu de retraite de 75 000 $ par an verrait sa contribution mensuelle augmenter de 525,18 $. La grille complète des tarifs n’est pas disponible sur le site.

Une chose est claire: quels que soient les revenus mensuels ou les actifs financiers liquides d’une personne aînée, personne ne paiera plus que 175 $ par jour.

Toute la rhétorique vise à rassurer les aînés à propos des nouveaux tarifs applicables. L’information présentée sur le site traite principalement des situations où les aînés verront en fait une diminution des tarifs. On comprend que le gouvernement veut calmer les esprits après avoir semé l’inquiétude chez les aînés lors du dévoilement du budget du 31 mars.

S’il est vrai que l’information contenue dans le site web du gouvernement touche la majorité des cas des aînés, qui ont un revenu mensuel faible ou moyen, elle ne donne pas d’indications claires à ceux qui ont un niveau de vie supérieur à la moyenne grâce à des revenus de pension hors de portée de la majorité. Nous avons demandé à Frede-ricton de nous faire parvenir la nouvelle grille de tarif, mais au moment d’écrire ces lignes, nous ne l’avions pas reçue.

Après avoir parcouru le site web du ministère du Développement social, nous devons malheureusement conclure que l’information qui a été mise en ligne vise davantage à donner une image positive du gouvernement que d’informer tous les citoyens par une information exacte, exhaustive et transparente. C’est dommage.

S’il y a une leçon à tirer des élections albertaines qui a conduit au pouvoir les troupes néo-démocrates de Rachel Notley, c’est que les citoyens ont soif de confiance et de transparence. Les électeurs tolèrent de moins en moins les porte-parole des partis qui ont tendance à s’arrêter à des phrases qui ont belle allure, mais qui n’ont pas la qualité ou le mérite de donner un portrait clair de l’impact réel des décisions politiques.

Il est clair que la ministre Rogers et le gouvernement Gallant, en annonçant en conférence de presse, lundi, plus de détails sur la nouvelle politique relative aux coûts des soins en foyer, avaient l’intention d’atténuer les inquiétudes engendrées par le discours du budget. L’objectif n’a été atteint que partiellement parce que, justement, l’information livrée après l’annonce reste partielle, déficiente. Ce faisant, le gouvernement permet à la méfiance de s’ancrer plus profondément dans l’esprit des aînés parce qu’on se demande ce que peuvent encore cacher les décideurs, ce qui reste à découvrir dans les détails de la nouvelle politique sur les coûts des soins en foyer. En résumé, la transparence a toujours meilleur goût et, à cet égard, le gouvernement a raté le coche.