Bilan d’une décennie

Depuis 2004, les éditoriaux de l’Acadie nouvelle ont traité de nombreux sujets, tant sur la scène régionale, provinciale, nationale qu’internationale. Après une décennie, comme société avons-nous évolué dans le bon sens ou avons-nous plutôt régressé?

Sur le plan régional, quatre gouvernements se sont succédé durant cette période. Force est de constater qu’en dix ans, aucun des partis au pouvoir n’a su endiguer le déclin démographique des régions rurales, que nos avons défendues avec détermination. Sur le plan économique, le déclin démographique persistant au cours de la dernière décennie est une preuve tangible de l’échec des gouvernements provinciaux à relancer l’économie de nos régions rurales. Considérant que le Nouveau-Brunswick est la province la plus rurale après l’Île-du-Prince-Édouard, les citoyens de la province sont en droit de se demander comment quatre gouvernements successifs n’ont pas réussi à relever ce défi. Le constat est évident, nous avons régressé.

Sur la scène provinciale, il y a dix ans le gouvernement Lord, puis la première année du gouvernement Graham, le budget du gouvernement du Nouveau-Brunswick était équilibré, alors qu’aujourd’hui on nous entretient du déficit structurel à combattre. La province a été durement éprouvée par des secteurs économiques névralgiques qui se sont considérablement affaiblis depuis dix ans: le secteur des mines a perdu un grand joueur avec la fermeture de la mine Brunswick et les moulins à papier ont disparu du paysage de plusieurs régions, soit Bathurst, Miramichi, et Dalhousie.

En ce qui a trait au dossier de l’égalité des communautés linguistiques de la province, entretenir l’espoir que la communauté acadienne et francophone du Nouveau-Brunswick atteigne l’égalité de fait était légitime.

Il y a eu des progrès, arrachés soit par des initiatives juridiques, soit par de longues périodes de négociation, menée notamment par la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick.

Force est de constater, toutefois, que pour continuer à évoluer, la société civile acadienne ne peut se permettre de baisser les bras. Pour s’en convaincre, il suffit de s’attarder au rapport de la commissaire aux langues officielles, entre autres, ou encore de constater dans le budget de la province que les argents, comme l’enveloppe égalitaire en éducation, n’ont pas suivi le discours encourageant.

Sur la scène nationale, nous avons été très critiques des politiques du gouvernement Harper. La principale raison qui a sous-tendu les critiques touche principalement au fait que nous, les citoyens du Nouveau-Brunswick, n’avons pas perçu d’efforts de ce gouvernement pour nous extirper de la situation économique et démographique dans laquelle nous nous débattons. Tous les secteurs de la société civile acadienne peuvent témoigner de la période difficile que fut la dernière décennie: les sources de financement fédéral se tarissent systématiquement, affaiblissant ainsi les initiatives citoyennes au Nouveau-Brunswick, comme dans d’autres régions du pays. Et en ce qui a trait à l’environnement, ce fut à la fois pitoyable et frustrant de constater la voie de la régression sur laquelle ce gouvernement s’est maintenu, au grand dam de la communauté internationale.

Sur la scène internationale, ce sont surtout les conflits armés qui ont retenu notre attention. Nous avons contesté les prétentions des gouvernements impliqués dans les conflits, y compris celles du Canada en Afghanistan où la mission d’implanter la démocratie a lamentablement failli, comme on peut le constater aujourd’hui. Quiconque suit le moindrement les évènements politiques en Irak ne peut que poser le même constat d’échec.

Aux États-Unis, l’élection du premier président afro-américain, Barack Obama, avait été porteuse d’un immense espoir, mais ce n’était que cela, de l’espoir. Ce que nous avions qualifié de train de l’espoir n’est jamais arrivé en gare… malheureusement, tant pour ce pays que pour la communauté internationale.

S’agissant d’espoir, il ne faut surtout pas baisser les bras: il reste tant à faire pour que l’humanité progresse dans le bon sens.