Un bon point pour le NPD

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, ne s’est pas souvent arrêté au Nouveau-Brunswick depuis le début de la campagne électorale. N’empêche, une promesse effectuée ces derniers jours par ses candidats soulève notre intérêt.

Nous l’avons précisé en éditorial il y a un mois, l’Acadie Nouvelle n’appuie pas de chef ou de parti politique. Nous n’hésitons toutefois pas à analyser et à nous prononcer sur certains enjeux ou engagements soulevés par ceux-ci, tel que nous l’avons déjà fait depuis le début de la campagne.

La semaine dernière, les candidats néo-démocrates Rosaire L’Italien (Madawaska-Restigouche) et Jason Godin (Acadie-Bathurst) ont participé à une conférence de presse commune.

C’est au moins la deuxième fois qu’ils utilisent cette stratégie. À la fin août, devant un foyer de Campbellton et entouré d’aînés, les deux hommes avaient vanté une promesse de leur chef visant à investir 400 millions $ afin de bonifier le Supplément de revenu garanti pour les aînés à faible revenu.

La stratégie de la conférence de presse commune permet aux deux hommes d’apporter un caractère plus officiel aux annonces que s’ils se contentaient, chacun de leur bord, d’envoyer des communiqués de presse aux médias. Cela leur assure aussi une certaine présence médiatique en l’absence du chef. Il est surprenant que pas plus de candidats des autres partis n’utilisent la même technique.

Cette fois-ci, le NPD s’engage à investir 500 millions $ dans les provinces de l’Atlantique. Un hypothétique gouvernement dirigé par Thomas Mulcair injecterait plus de 20 millions $ dans l’Agence de promotion économique du Canada atlantique ainsi que 157 millions $ dans les infrastructures et le transport en commun au Nouveau-Brunswick.

Ce n’est pas la mer à boire. À titre d’exemple, on estime qu’il en coûterait au moins 1,5 milliard $ pour agrandir à quatre voies la route 11 de Shediac à Miramichi. Les fonds promis par le NPD ne régleraient donc pas tous les problèmes.

Néanmoins, nous saluons cette promesse propre à l’Atlantique ainsi qu’au Nouveau-Brunswick et souhaitons entendre les autres formations politiques s’engager de manière aussi concrète. Les besoins sont grands dans notre province et nos ressources sont limitées. L’aide du gouvernement fédéral est primordiale pour nous permettre d’accomplir nos objectifs.

Lors de leur point de presse, Jason Godin et Rosaire L’Italien (qui étaient accompagnés du député sortant Yvon Godin) ont affirmé que le NPD «veut continuer à construire le Canada atlantique», «à la même vitesse que le reste du pays». Des paroles douces à nos oreilles.

Comme c’est souvent le cas lors de ce type d’annonce, et encore plus en campagne électorale, les candidats en ont toutefois profité pour attaquer leurs adversaires (dans ce cas-ci, Stephen Harper), affirmant même que la dernière décennie a été «perdue» pour l’Atlantique et que les conservateurs ont abandonné la région.

Ces propos font évidemment abstraction du fait que c’est sous le gouvernement Harper qu’a eu lieu ce qui est le plus important investissement d’Ottawa de l’histoire de la région, soit le contrat de 25 milliards $ qui a été accordé à Irving Shipbuilding, à Halifax, pour la construction de grands navires de combats.

Notons aussi que les conservateurs appuient fortement deux projets industriels au Nouveau-Brunswick, soit l’oléoduc Énergie Est (qui doit mener le pétrole de l’Alberta vers la raffinerie Irving de Saint-Jean) ainsi que Chaleur terminal, qui permettrait d’acheminer par rail du pétrole vers des bateaux-citernes amarrés à Belledune.

Néanmoins, il est vrai que le gouvernement Harper n’a pas hésité à couper dans le développement économique régional dans les dernières années. Il a réduit le budget de l’APÉCA et cessé de subventionner les agences régionales de développement économique.

En ce sens, la promesse du NPD d’augmenter le budget de l’APÉCA, combinée à sa volonté d’annuler la réforme de l’assurance-emploi, permettra à ce parti d’aller chercher des voix en Atlantique.

Reste à voir s’il est trop tard. Thomas Mulcair n’a pas accordé énormément d’importance à notre province dans son plan de campagne. Pourtant, les sondages étaient bons. Signe d’une volonté de changement, sept candidats néo-démocrates sur 10 ont terminé premier ou deuxième lors des élections fédérales de 2011. Une grande percée semblait possible.

Or, les conservateurs semblent vouloir s’accrocher dans leurs châteaux forts alors que les libéraux profitent désormais d’un vent de dos. Les récentes promesses du NPD pourraient ne pas être suffisantes pour lui permettre d’effectuer les gains dont il rêvait.