Un député pour Campbellton-Dalhousie

Vendredi était une journée importante dans la vie de Donald Arseneault. Il a tourné la page sur une longue carrière de député et de ministre. Mais cette journée est importante aussi pour sa circonscription de Campbellton-Dalhousie.

Donald Arseneault a été député de Dalhousie-Restigouche-Est, puis de Camp­bellton-Dalhousie pendant presque 15 ans. Il a occupé des postes importants tant au sein du gouvernement de Shawn Graham que celui de Brian Gallant. Il a été vice-premier ministre pendant une période où le poste n’était pas que symbolique, comme c’est le cas aujourd’hui.

Il n’a pas échappé aux controverses. Sa façon de gérer l’enjeu des langues officielles, alors qu’il en était le ministre responsable, n’a impressionné personne.

Néanmoins, il peut être fier de son bilan politique. Souvent entouré dans le Resti­gouche de députés d’arrière-ban avec peu d’influence à Fredericton (pensons à Greg Davis, dont le mandat a pris fin dans des circonstances nébuleuses), il a su faire avancer de nombreux dossiers qui tenaient à coeur aux citoyens de sa circonscription.

Les canons à neige du parc Sugarloaf, sans être l’enjeu le plus important auquel il a fait face, en sont un bel exemple. Le dossier traînait depuis des décennies. Il aura réussi à le mener à terme avant sa retraite politique. Cet hiver, les pistes du centre de ski recevront de la neige artificielle. Une belle victoire pour l’industrie touristique locale.

Les gens de la région retiendront aussi son combat pour aider Dalhousie à se relever de la fermeture de l’usine AbitibiBowater en 2007. Il était de toutes les tribunes et a fait face à des foules en colère. Il n’a pas sauvé l’usine, mais il n’a pas ménagé ses efforts afin d’aider Dalhousie à se relever de ce choc.

Bref, Donald Arseneault n’a pas chômé. Son successeur aura de grandes chaussures à remplir. Reste à savoir quand il sera élu.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a six mois pour déclencher une élection complémentaire. Cela nous amène au début juin.

Or, la loi électorale prévoit qu’une élection complémentaire sera annulée si un bref d’élections générales est décerné avant le jour du scrutin. Cela permet d’éviter la tenue d’un scrutin dans une circonscription, puis de tout recommencer quelques semaines plus tard.

Il est probable que c’est ce que le gouvernement Gallant a en tête présentement: laisser passer la période de six mois, annoncer des élections provinciales en septembre et attendre jusque là avant de laisser les électeurs de Campbellton-Dalhousie élire un député.

Cela signifierait que cette circonscription ne serait pas représentée à l’Assemblée législative pendant plus ou moins 10 mois. Une situation intolérable.

Nous croyons que le gouvernement Gallant doit déclencher une élection complémentaire sans perdre de temps afin de permettre à la région de compter sur un nouvel élu d’ici février.

Chaque poste de député n’a pas la même importance. Le député d’une région rurale couvre un plus grand territoire et joue un plus grand rôle que celui d’une région urbaine qui compte de nombreux élus.

À titre comparatif, nous comptons à la législature cinq députés dont le nom de la circonscription comprend «Moncton», sans compter ceux des régions immédiates (River­view, Dieppe, Memramcook-Tantra­mar…). L’absence d’un député, si elle n’est pas souhaitable, se fait tout de même moins sentir.

Campbellton-Dalhousie n’est pas non plus une circonscription que l’on pourrait qualifier de prospère. Elle a besoin de toute l’attention du gouvernement.

Donald Arseneault l’a bien compris. Il s’est permis une remarque sur les médias sociaux, en rappelant que Brian Gallant s’est nommé ministre responsable de Saint-Jean, que Dalhousie a besoin d’une attention spéciale et que «le premier ministre pourrait peut-être devenir ministre régional là aussi».

Les opposants au déclenchement d’une élection aiment répéter que l’exercice est dispendieux. C’est véridique. Le plus récent scrutin complémentaire dans Carleton en 2015 a coûté 125 925$, selon Élections NB. Il faut ajouter à cette somme 29 593$, soit le montant du remboursement des dépenses électorales des candidats.

La démocratie coûte cher. Et alors? C’est un outil dispendieux, mais nécessaire.

Les dernières élections provinciales, en 2014, ont coûté un peu plus de 8 millions $ au trésor public. Pourtant, personne ne suggère de nommer nos députés en poste jusqu’à l’âge de 75 ans, comme cela se fait au Sénat.

Ce n’est pas comme si les prochaines élections provinciales étaient prévues pendant la période des Fêtes. Elles auront lieu dans presque une année!

Les gens de Campbellton-Dalhousie sont des citoyens à part entière. Ils ont le droit d’avoir quelqu’un qui parle en leur nom à Fredericton. Et pas seulement dans dix mois.